Le pouvoir d’achat étant le sujet majeur durant le mois sacré de ramadan en particulier, les journalistes d’Alger16 se sont rendus dans les marchés de la capitale pour un reportage sur la mercuriale des produits de large consommation durant ce mois sacré.

Reportage réalisé par Ammour Ryad et G. Salah Eddine
En ce mois sacré, les Algériens affluent dans les différents marchés pour s’approvisionner. La première semaine de ce ramadan 2024, s’est déroulée dans une ambiance sereine, avec une saveur particulière due à la disponibilité de produits en tout genre.
Au marché couvert Ferhat-Boussad (ex-Meissonier) et place des Martyrs où de nombreux chapiteaux ont été installés pour abriter divers commerces prisés en ce mois sacré, les denrées nécessaires sont proposées à des prix raisonnables.
Les légumes sont des aliments inévitables dans la vie quotidienne. Oussama, agriculteur et vendeur, nous a révélé que “cette année la marchandise est disponible en quantité, ça dépend de l’offre et de la demande, mais également grâce aux conditions climatiques qui sont plus favorables que les années précédentes”. Oussama ajoute que ce ramadan, “grâce à l’ouverture de l’importation, les produits se diversifient par des produits locaux et des produits importés. Malgré l’augmentation des prix, les légumes sont à la portée de citoyens”.
Cette année, l’abondante production a engendré une concurrence. Ainsi, les prix sont raisonnables et accessibles : le citron à 100 DA le kilo, la pomme de terre entre 70 DA et 85 DA selon la qualité, le pois chiche 200-250 DA, les artichauts à 50-60DA, la courgette 50 à 70 DA, la salade entre 70 DA et 150 DA pour la plus prisée. La carotte a connu une légere hausse ces derniers jours à cause d’une demande croissante à 80 DA, l’aubergine a un prix stable a 100 DA le kilo, la tomate varie entre 80 et 100 DA.
Habituellement, des que le mois sacré approche, les prix s’enflamment. Ce n’est manifestement pas le cas cette année.
En enquêtant sur les prix, nous avons recueillis l’avis de Mohamed, agent de nettoyage, sur le pouvoir d’achat. Il nous confié que “cette année je trouve que les prix ont connu une augmentation dans certain aliments et certains ont connu une baisse. Dans l’ensemble je dirais que ça va on respire”.
Egalement, le marché est richement achalandé en fruits de plusieurs qualités. Toufik, un vendeur de fruits, témoigne : la mandarine est a 120 DA, l’arange a 70 DA, la fraise disponible a un prix un peu élevé a 300 DA car c’est le début de la saison, et sa vente est poussée uniquement par le mois de ramadan. La banane est à 370 DA, un prix élevé mais bien plus bas que l’année dernière. La pomme stagne toujours à 400 DA et la pastèque hors saison est disponible sur le marché à 250 DA le kilo.
Pour ce qui est des dattes, leur prix varie selon la qualité de 350 à 700 DA.
En outre par rapport au produit laitier, Mohamed A. A., commerçant de produit laitiers, nous a déclaré que “les produits laitiers connu une baisse par rapport au années précédentes. Les fromages gouda, chéddar et le gruyère coûtent 1650 DA à 1700 DA, la crème fraiche varie entre 120 et 310 DA selon la marque et la contenance. Les prix des fromages ont baissé d’environ 500 DA par rapport a l’année passée. Seules les conserves comme la mayonnaise, le maïs, les champignons… ont connu une légère hausse”.
La viande entre importation et local
Le débat sur le prix de la viande agite les esprits des Algériens en ce moment. Les tarifs atteignent des sommets difficiles à atteindre pour la classe moyenne, dépassant souvent les 2400 DA par kilogramme. Face à cette situation, l’État a pris des mesures drastiques en favorisant l’importation de viande pour rivaliser avec les produits locaux.
Un responsable du marché de viande importée a révélé à Alger16 que les importations proviennent principalement d’Espagne et du Brésil. Ainsi, la viande rouge brésilienne est plus abordable avec un prix de 1200 DA le kilogramme contre 1600 DA pour la viande espagnole.
Bien que la viande importée suscite parfois des inquiétudes, notre source a souligné qu’elle est soumise à des contrôles stricts et bénéficie d’une forte demande populaire. “Les ventes ont dépassé les espérances”, nous a-t-il confié. Il a assuré que cette viande est importée fraîche et bien conservée, en fonction de la demande.
Le prix de la volaille en hausse
En ce qui concerne la volaille, les prix ont connu une augmentation significative cette année et surtout durant le ramadan, atteignant jusqu’à 540 DA le kilogramme, ce qui préoccupe grandement les clients. Il est important de noter que les marchands réalisent un bénéfice d’environ 70 DA par kilogramme, car le prix de gros avoisine les 470 DA alors que les éleveurs vendent leur marchandise à 380 DA le kilo.
Cette hausse s’explique en partie par l’augmentation considérable du coût des aliments pour les poulets, qui ont triplé en deux ans, passant de 3500 DA à 9000 DA le quintal, avec des facturations supplémentaires possibles. En conséquence, le produit est moins disponible, les grossistes s’approvisionnant au minimum et les vendeurs répondant simplement à la demande.
En revanche, le prix des œufs a légèrement baissé par rapport à l’été dernier, atteignant 16 DA l’unité malgré une hausse temporaire les deux premiers jours du ramadan.
Certains marchands expliquent que pour observer une baisse significative de ces prix, il faudrait une forte diminution de la demande populaire pour ces produits.
Nacer, employé au ministère des Finances, répondant à une interrogation sur le salaire raisonnable pour passer un bon ramadan, nous a répondu : “Pour une famille de 5 membres, il faut au minimum 100 000 DA (10 millions de centimes) par mois afin de passer le mois sacré sans restrictions.”
De nombreux citoyens nous ont confié que ce ramadan, les prix sont beaucoup plus abordable que l’année dernière. L’un d’entre eux a fait une intervention pertinente en déclarant : “Le prix des légumes et des fruits est beaucoup plus abordable, l’année dernière c’était le feu. C’est bien, même si la viande est un problème, des solutions ont été trouvées. C’est super d’avoir ce genre de marché comme celui installé sur la place des Martyrs ! Il faut que cela se poursuive et que les prix baissent encore plus. Le pouvoir d’achat doit également augmenter un peu plus on l’espère.”
Il faut dire que cette année, le ramadan a connu une amélioration par rapport aux prix pratiqués l’année dernière. La cause primordiale est l’ouverture des importations. Le rôle des autorités est de veiller à stabiliser le pouvoir d’achat et contrôler les vendeurs spéculateurs.
