Par Entretien réalisé par G. Salah Eddine

Fadi Nazih est un journaliste libanais de stature internationale, dont le parcours exemplaire le place parmi les figures les plus influentes du journalisme politique contemporain. Fort d’une carrière impressionnante marquée par une couverture approfondie des événements géopolitiques cruciaux, M. Nazih s’est forgé une réputation de rigueur et de perspicacité. Son travail, souvent salué pour son analyse nuancée et son impartialité, lui a permis de décrypter des enjeux complexes à travers le monde. Récemment, il a apporté son expertise à la couverture des élections présidentielles en Algérie, offrant des perspectives précieuses sur l’organisation et la transparence de ce scrutin clé. Le journaliste de Al Jazzera partagera également ses observations comparatives basées sur son expérience de couverture des élections dans divers pays, offrant ainsi une perspective précieuse sur les particularités de cette élection algérienne.
Quels sont vos premiers impressions sur les élections en Algérie ?
L’organisation était remarquable ; nous n’avons rencontré aucun problème majeur concernant la prise de vue ou la couverture, et la journée s’est déroulée de manière fluide et parfaitement ordonnée. Dans notre cas, il n’y avait pas de défis significatifs, la Commission nationale indépendante des élections ayant pris des mesures pour faciliter le travail des médias.
Comment évaluez-vous la participation des électeurs algériens aux bureaux de vote ?
Nous avons constaté, dans les écoles servant de centres de vote, une participation respectueuse mais relativement faible. Je ne suis pas un expert en affaires algériennes, mais selon mes recherches, une partie des citoyens algériens a choisi de ne pas voter en raison de la notoriété accrue du président Abdelmadjid Tebboune, qui pourrait lui garantir un second mandat. C’est ce que j’ai observé, et je pense que la réflexion devrait être plus approfondie.
Ayant travaillé sur des élections dans d’autres pays, observez-vous une différence entre les élections en Algérie et celles dans d’autres pays ?
Oui, j’ai eu l’occasion de couvrir de nombreuses élections aux États-Unis, en Russie, en Mauritanie, au Liban, etc. Cependant, je dois dire qu’en Algérie, la situation était plus simple que dans de nombreux autres pays, et je le dis avec franchise, que je sois en Algérie ou ailleurs. À mon avis, ces élections étaient très bien organisées comparativement à de nombreux autres pays. Je n’ai pas couvert les élections précédentes en Algérie, mais celles-ci étaient de bonne qualité.
Comment évaluez-vous le niveau de transparence de ces élections par rapport à d’autres pays ?
C’est une question complexe car la transparence est un sujet sensible dans tous les pays. Les opinions divergent souvent à ce sujet. Il est préférable que ce soient ceux qui maîtrisent mieux la politique algérienne que moi qui s’expriment sur ce point.
En dehors des élections, en tant que journaliste libanais renommé, comment percevez-vous la situation au Liban et comment l’Algérie pourrait-elle renforcer ses relations avec le Liban, surtout dans ce contexte sensible ?
L’Algérie n’a jamais failli à son soutien envers le Liban, comme en témoigne son engagement récent. L’Algérie a été la première à réagir face à la crise libanaise, et nous lui en sommes reconnaissants. La situation économique au Liban est extrêmement difficile, avec des problèmes de sécurité et de guerre… Il faudra du temps pour que la situation s’améliore. Le soutien constant de l’Algérie est un geste important et nous en sommes honorés.
Selon vous, comment le Liban pourrait-il sortir de cette crise ?
La situation libanaise est extrêmement complexe et nécessite une réflexion et un développement à long terme. La situation politique, en particulier, est très compliquée. J’ai 44 ans et je trouve encore la situation politique libanaise très complexe. Il faudra beaucoup de temps pour voir des améliorations, car il y a de nombreuses communautés, de nombreux politiciens aux orientations divergentes, et de nombreux partis. Tout est interconnecté et il n’y a pas de véritable dialogue. Sans dialogue, il n’y a pas de solution.
Le mot de la fin…
Merci pour votre travail et je vous souhaite tout le meilleur.
