
Dans le cadre des initiatives visant à dynamiser le secteur cinématographique national, le Centre algérien du cinéma, sous l’égide du ministère de la Culture et des Arts, a officiellement lancé, hier au Centre algérien de la cinématographie, le premier numéro de «Cinematech», une revue dédiée au septième art.
Cet événement marque une étape significative dans l’ambition de structurer un discours critique et analytique autour du cinéma algérien et de son développement.
Dès sa genèse, «Cinematech» s’affirme comme un projet d’envergure, pensé non seulement comme un support d’information, mais aussi comme une plateforme de réflexion sur les enjeux du cinéma en Algérie et dans le monde. Adel Mkhelifa, responsable du magazine, a souligné l’importance de cette initiative en ces termes : «C’est une édition test. On a enfin débuté. Ce magazine sera une tribune. Elle sera saisonnière : chaque trois mois, elle sera publiée.» Loin d’être une simple publication promotionnelle, «Cinematech» ambitionne d’explorer les multiples facettes du cinéma en abordant des thématiques allant de l’histoire du septième art à l’analyse des nouvelles tendances esthétiques et technologiques. Elle se veut un espace d’échange entre cinéastes, critiques et chercheurs, dans une logique de transmission et de valorisation du patrimoine cinématographique national.
Un projet ancré dans une dynamique d’ouverture et d’internationalisation
Dans sa volonté de toucher un public élargi et de favoriser les échanges avec d’autres cinématographies, la revue paraîtra en langue arabe, avec l’ambition de s’ouvrir progressivement à d’autres langues. Adel Mkhelifa a précisé à cet effet : «Elle sera en langue arabe. On espère la faire en d’autres langues, notamment l’anglais.»
Cette perspective s’inscrit dans une vision plus large visant à inscrire le cinéma algérien dans une dynamique d’internationalisation, en facilitant les ponts entre les créateurs locaux et les grandes instances du cinéma mondial. L’objectif est de favoriser un dialogue entre les productions nationales et les tendances cinématographiques contemporaines, tout en mettant en lumière l’identité cinématographique algérienne.
Un engagement institutionnel en faveur du cinéma
Le lancement de «Cinematech» coïncide avec une volonté politique affirmée de soutenir l’industrie cinématographique en Algérie. Depuis plusieurs années, un regain d’intérêt pour le secteur s’exprime à travers diverses initiatives de financement, de formation et de structuration des métiers du cinéma. Adel Mkhelifa rappelle ainsi l’importance de cette dynamique : «Il y a une volonté politique réelle de propulser le cinéma et donc j’espère qu’elle va durer et accompagner les tournages.»
Le cinéma algérien, riche de son histoire et de ses talents, peine encore à trouver une véritable industrie capable d’assurer une production régulière et de s’imposer sur la scène internationale. Des efforts sont néanmoins consentis pour offrir aux créateurs les moyens nécessaires à l’émergence d’un cinéma national à la fois compétitif et fidèle à ses ancrages culturels.
Un format hybride entre tradition et modernité
Consciente des mutations du paysage médiatique et des nouvelles habitudes de consommation de l’information, la revue adopte un format résolument moderne. Adel Mkhelifa explique ainsi : «Ça va être numérisé, seulement 200 éditions seront en pour les archives.»
Cette orientation vers le numérique répond à un double impératif : garantir une accessibilité élargie aux lecteurs, notamment aux jeunes générations, tout en conservant une dimension patrimoniale à travers une édition papier limitée destinée aux archives.
Au-delà de sa vocation informative, «Cinematech» entend jouer un rôle dans la structuration du discours critique autour du cinéma algérien. Adel Mkhelifa a, à cet égard, lancé un appel aux professionnels du secteur : «Il a exhorté les journalistes à ouvrir une organisation qui sera responsable de la critique cinématographique.»
Le cinéma, en tant qu’art et industrie, ne peut se développer sans une critique forte et indépendante, capable d’accompagner les œuvres, de nourrir le débat cinématographique et d’élever le niveau de réflexion sur les productions nationales. À ce jour, l’absence d’une véritable structure encadrant la critique en Algérie constitue un manque que cette initiative pourrait contribuer à combler.
Un avenir prometteur pour «Cinematech»
Avec ce lancement, «Cinematech» se positionne comme un acteur clé dans le paysage cinématographique algérien, en offrant un espace de réflexion et d’analyse à la hauteur des ambitions du pays dans ce domaine. Sa pérennité dépendra de la capacité des acteurs du cinéma algérien à s’en saisir, à l’enrichir et à en faire un outil au service d’une industrie en pleine mutation.
L’Algérie, avec son héritage cinématographique foisonnant et ses talents émergents, a toutes les cartes en main pour réaffirmer son rôle sur la scène internationale. «Cinematech» pourrait bien en être le catalyseur, en contribuant à façonner un regard nouveau sur le septième art national et en accompagnant les mutations d’un secteur en quête de structuration et de reconnaissance.
G.S.E
