Macron retire à son ministre de l’intérieur le dossier de la crise diplomatique avec l’Algérie: Nouvelle claque pour Bruno

Dans une interview exclusive sur la chaîne Al24, le Dr Abdelkader Soufi, expert en relations internationales, a clarifié les points essentiels concernant les récentes tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie.

Clivage au sein de la classe politique française
Interrogé sur la prise de position du président français concernant la crise diplomatique avec l’Algérie, M. Soufi a souligné un profond clivage au sein de la classe politique française. Il explique que la situation actuelle reflète une cohabitation difficile entre le président Macron et son nouveau gouvernement, qui semble vouloir se construire une image positive avant les prochaines élections présidentielles. «Il existe une fracture interne entre le président et son ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Le président Macron cherche à se distancer de la ligne suivie par Retailleau, et il l’a clairement fait savoir», indique Dr. Abdelkader Soufi.
Dr. Soufi fait également fait référence aux accusations de personnalités politiques françaises telles que François Bayrou et Bruno Retailleau, qu’il qualifie de «fantaisistes». Selon lui, ces critiques ne tiennent pas face aux faits et aux nombreux aspects du partenariat entre la France et l’Algérie, fondés sur le respect mutuel des accords internationaux. «L’Algérie n’a jamais dévié de sa ligne ni de ses engagements envers le droit international», ajoute-t-il.

Fracture au sein du gouvernement français : une stratégie de diversion ?
La contradiction entre la position du président Macron et celle de son ministre de l’Intérieur, notamment sur les questions d’expulsion des Algériens, révèle, selon M. Soufi, une fracture importante au sein du gouvernement français. «Il est évident que la haine exacerbée par certains courants extrémistes à l’égard des Algériens est utilisée pour détourner l’attention des crises internes que traverse la France», analyse-t-il. Pour M. Soufi, cette crise diplomatique pourrait aussi avoir des motivations électorales. «Le gouvernement actuel semble chercher à créer une crise extérieure pour masquer ses difficultés internes et réorienter l’opinion publique, notamment en vue de l’élection présidentielle», déclare-t-il. Dr Soufi affirme que les déclarations de Retailleau et Bayrou sont «des mensonges» destinés à manipuler l’opinion publique française.

L’Algérie : un modèle de diversification diplomatique
En réponse à la question sur la stratégie diplomatique de l’Algérie, Soufi met en lumière l’approche pragmatique de l’Algérie en matière de partenariats. «L’Algérie s’engage dans des partenariats horizontaux avec tous les pays, que ce soit avec des puissances régionales ou internationales. Ces partenariats sont basés sur le respect mutuel et les intérêts communs», explique-t-il.
Dr. Soufi critique la politique de la France, qu’il décrit comme celle du «siège vide», expliquant que la France n’a pas encore compris que ses relations avec l’Algérie doivent reposer sur un partenariat équilibré et respectueux. «Aujourd’hui, l’Algérie n’est plus une nation soumise à la France. Elle n’est plus une colonie et ne se laisse plus dicter sa politique extérieure», affirme-t-il.
Il rappelle que l’Algérie a su développer des relations solides avec plusieurs puissances mondiales, telles que l’Italie, l’Allemagne, la Russie, la Chine, les États-Unis et même l’Union européenne. «L’Algérie a su imposer sa vision et ses priorités dans ses relations internationales, forçant même l’Union européenne à revoir sa stratégie envers elle», ajoute-t-il.
M.Soufi met également en avant la nouvelle politique de l’Algérie, qui se tourne de plus en plus vers le Sud, cherchant à établir de solides partenariats avec ses voisins africains. Selon lui, cette approche stratégique permet à l’Algérie de renforcer sa position sur la scène internationale tout en refusant d’être soumise aux pressions extérieures.
En conclusion, Dr Abdelkader Soufi dresse un portrait d’une Algérie qui, tout en cherchant à préserver ses intérêts nationaux, diversifie ses partenariats stratégiques et refuse d’être réduite à une relation de dépendance vis-à-vis de la France. Quant à la France, elle semble traverser une crise interne qui se répercute sur ses relations diplomatiques, notamment avec l’Algérie.
A. Ryad

Des citoyens et parlementaires français réagissent

Les relations franco-algériennes traversent une zone de turbulences inédites, marquées par une crispation croissante autour de la question migratoire. Alors que plusieurs dossiers demeurent en suspens entre les deux pays, c’est la question du rapatriement des migrants en situation irrégulière qui occupe une place prépondérante dans les préoccupations de l’exécutif français. Ce dernier a récemment haussé le ton, menaçant l’Algérie de représailles en cas de non-coopération.
Ce durcissement de position a provoqué un tollé au sein de l’opposition éclairé et de la société civile françaises, qui dénoncent une rhétorique dangereuse et une instrumentalisation politique du débat migratoire.

Une rhétorique gouvernementale «choquante» et «irresponsable»
Les récentes déclarations du Premier ministre français et de certains membres de son gouvernement ont été qualifiées de «choquantes» et «irresponsables» par plusieurs élus de l’opposition. Parmi eux, Sébastien Delogu, vice-président du parti La France Insoumise (LFI), s’est exprimé avec fermeté au micro de Ennahar TV : «Je suis très choqué par les déclarations du Premier ministre. Il essaie de faire monter la sauce comme s’il y avait un problème. Peu importe ce qu’il se passe sur le territoire algérien, peu importe les relations qu’il peut y avoir, il faut essayer par la voie politique de régler les problèmes pour éviter d’en créer d’autres.»
Delogu rappelle ainsi la nécessité d’un dialogue apaisé entre les deux nations, dénonçant une volonté du gouvernement français de détourner l’attention du public vers une crise artificielle.

Une dérive vers l’extrême droite ?
L’approche musclée du gouvernement français suscite également de vives inquiétudes parmi les citoyens et élus progressistes. Certains y voient une dangereuse complaisance envers les idées de l’extrême droite.
Sésibile Dumas, citoyenne française engagée, fustige ainsi la posture du gouvernement au micro du même média : «Je suis très choquée des propos racistes du ministre de l’Intérieur et du ministre de la Justice. Il y a des sujets de société bien plus importants à traiter.»
Même constat du côté de Raphaëlle Rémy-Leleu, élue municipale à la mairie de Paris, qui dénonce une normalisation inquiétante des discours nationalistes :
«Le Premier ministre reprend à son compte les thèmes de l’extrême droite. Tout cela est très dangereux pour notre République et notre démocratie. Aujourd’hui, on laisse beaucoup trop de place aux idées d’extrême droite, on les excuse et on les accompagne. Il est temps de dire stop et de réaffirmer que l’antifascisme est l’un des fondements de notre République.»

L’Algérie dans une posture ferme
Face aux menaces de Paris, Alger adopte une position de fermeté, refusant toute ingérence et dénonçant une instrumentalisation électoraliste du dossier migratoire. Cette crise diplomatique illustre une nouvelle fois les tensions récurrentes entre les deux pays, où chaque différend ravive les blessures du passé colonial.
Alors que la France continue d’insister sur la nécessité de renforcer la coopération en matière de retour des migrants, l’Algérie semble déterminée à ne pas céder aux pressions. Dans ce contexte incertain, seule une approche diplomatique mesurée pourrait permettre d’éviter une rupture durable entre les deux nations. L’enjeu dépasse ainsi largement la simple question migratoire et touche à la définition même des valeurs républicaines françaises, ainsi qu’à l’équilibre des relations avec un pays historiquement lié à la France. La montée des discours radicaux de part et d’autre risque, si elle se poursuit, d’aggraver une situation déjà explosive.
G. Salah Eddine

Quand France Télévisions imite les médias de Bolloré

Dans son journal télévisé de 20h du lundi dernier, la chaîne publique France 2 a diffusé un reportage intitulé «Quand Alger veut faire taire ses opposants». Ce reportage, qui prétend mener une enquête sur une supposée ingérence algérienne en France, se révèle en réalité être une opération de communication visant à promouvoir un agenda politique particulier.
Ce qui a été diffusé par France Télévisions est tout simplement révoltant. Jusqu’à présent, les médias publics français s’étaient toujours abstenus de participer aux campagnes médiatiques contre l’Algérie, contrairement aux médias contrôlés par Vincent Bolloré, qui servent de porte-voix aux courants les plus extrémistes de la droite française.
En se livrant à ce type de reportage, qui va à l’encontre de l’éthique et du professionnalisme journalistique qu’elle prétendait incarner, France Télévisions se compromet dans une véritable «barbouzerie de bas étage», bien éloignée des standards de rigueur auxquels on peut légitimement s’attendre d’un média public. Le reportage de L’Œil du 20h accuse l’Algérie d’agir directement en France pour «faire taire ses opposants», en se basant sur des témoignages de personnalités liées au mouvement terroriste du MAK et d’anciens militants marginalisés qui ont du mal à se faire une place sur la scène politique algérienne.
Pire encore, France 2 sous-entend que les autorités algériennes chercheraient à récupérer ces «opposants» en menant des actions d’influence auprès de la diaspora algérienne, qui ne cesse de démontrer son attachement et son amour pour son pays. Mais pourquoi le fait de vouloir rassembler ses enfants autour d’un projet national serait-il répréhensible ? L’Algérie, par la voix de son président, M. Abdelmadjid Tebboune n’a jamais dissimulé son désir de voir tous ses enfants, où qu’ils se trouvent, participer au développement du pays. L’initiative de (Lam Chaml – initiative de rassemblement), lancée en 2022 pour relever les défis auxquels le pays est confronté, illustre cette volonté de dialogue et d’unité nationale.
Il est pour le moins ironique que la France, connue pour ses opérations secrètes et ses ingérences dans les affaires des pays souverains, tente aujourd’hui de se présenter en victime. L’histoire récente regorge d’exemples de manœuvres françaises visant à déstabiliser l’Algérie, comme le recrutement d’anciens terroristes pour mener des campagnes de propagande contre l’État algérien.
Ce reportage s’inscrit dans la continuité des campagnes presque quotidiennes menées contre l’Algérie depuis plusieurs mois. Il intervient dans un contexte où la France traverse une crise sociale et économique profonde, avec une dette publique dépassant les 3 200 milliards d’euros, une attractivité économique en déclin et une société de plus en plus divisée depuis la révolte des Gilets jaunes. Dans ce contexte, certains cercles politiques voient dans la diabolisation de l’Algérie un moyen pratique de détourner l’opinion publique de leurs propres échecs.
L’Algérie rejette fermement ces accusations sans fondement et ne se laissera pas réduire au silence face à ces manœuvres. Ce reportage n’est rien d’autre qu’un montage ridicule, conçu pour servir des intérêts politiques au détriment de la vérité. Derrière ces campagnes médiatiques se dissimule une frustration économique que personne n’ose reconnaître. Depuis que l’Algérie a choisi de diversifier ses partenaires économiques et de défendre ses intérêts vitaux dans un monde en pleine mutation, la France a perdu sa position privilégiée. Ce réalignement économique dérange ceux qui pensaient pouvoir éternellement profiter de leur position dominante héritée de la colonisation.
Enfin, il convient de souligner que les campagnes médiatiques hostiles trouvent un écho chez certains politiciens français qui aspirent à fouler les marches de l’Élysée, quitte à saborder les relations avec l’Algérie. Ces nouveaux nostalgiques de l’Algérie française ne sont que les héritiers directs de l’OAS, portés par une haine tenace envers une Algérie souveraine, libre et fière.
Mais l’Algérie continue d’avancer, sans se laisser perturber par ces gesticulations médiatiques. Ni la désinformation ni les manipulations ne parviendront à stopper la marche du peuple algérien vers un avenir meilleur.
A. R.

ALGER 16 DZ

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