
Les troubles anxieux sont très répandus, particulièrement dans les sociétés occidentales, largement soumises au stress. Plus de 20% des adultes y seront sujets au moins une fois au cours de leur vie, avec une nette prédominance féminine.
L’anxiété est définie comme un sentiment de nervosité, de préoccupation ou de peur face à une situation perçue comme menaçante ou incertaine. Elle peut être déclenchée par différents évènements ou situations de nature à susciter de l’inquiétude. Bien que l’anxiété soit un phénomène physiologique naturel, en réponse au stress ou aux défis de la vie, elle peut devenir problématique voire, pathologique, lorsqu’elle est excessive, persistante ou incontrôlable. On parle alors de trouble anxieux, qui peut alors affecter grandement la qualité de vie et le bien-être général.
Quels sont les 4 symptômes ou signes les plus fréquents de l’anxiété généralisée ?
Les symptômes des troubles anxieux peuvent être de quatre types :
- les symptômes d’ordre physique
(ou somatiques), - les symptômes d’ordre émotionnel,
- les symptômes d’ordre comportemental, et enfin les symptômes d’ordre cognitif. Les symptômes physiques – dits somatiques – peuvent être des palpitations cardiaques, des sensations respiratoires de type souffle coupé ou oppression thoracique, des tensions musculaires, des maux de tête ou encore des troubles digestifs de types nausées ou diarrhées. Les symptômes émotionnels peuvent être des inquiétudes permanentes, des pensées anxieuses, de la rumination, une appréhension persistante, un manque de confiance en soi ou de l’irritabilité.
L’anxiété peut être à l’origine de comportements d’évitement, pour fuir les situations potentiellement anxiogènes, mais aussi de compulsions ou d’agitation.
Enfin, les symptômes cognitifs sont souvent des ruminations mentales – telles que des visions ou pensées négatives répétitives, souvent axées sur des scénarios catastrophiques – ou des difficultés de concentration.
L’anxiété a clairement une composante familiale, puisque les enfants de parents anxieux ont plus de risque de développer de l’anxiété. Cette vulnérabilité aux troubles anxieux serait liée à une combinaison de différents facteurs, dont la génétique ferait bien partie. La composante génétique ou héritabilité des troubles psychiatriques tels que les troubles anxieux et la dépression, est estimée à 40%.
Et bien que les deux parents puissent théoriquement influencer la transmission de l’anxiété à leurs enfants, une étude menée en 2022 a révélé qu’elle était plus importante du parent à l’enfant de même sexe qu’à celui du sexe opposé. Ce qui signifie qu’une mère de nature anxieuse a plus de risque de transmettre son anxiété à sa fille qu’à son fils, alors qu’un père anxieux transmettra plus facilement son trouble à son fils qu’à sa fille. Mais qui dit terrain familial, ne dit pas uniquement génétique. L’environnement, l’éducation et la transmission du comportement jouent aussi un rôle clé dans la survenue d’un trouble anxieux. Grandir avec un parent très anxieux peut avoir plusieurs répercussions sur les enfants, qu’elles soient émotionnelles, sociales et comportementales.
Un parent anxieux, qui limite les interactions sociales de son enfant, peut aussi limiter ses opportunités de développer des amitiés et le rendre plus introverti. Et en exprimant fréquemment des craintes ou en anticipant des dangers, il peut lui transmettre un sentiment d’incapacité à gérer les défis de la vie, affectant son estime de soi et provoquant des réactions d’insécurité.
Quels gènes provoquent l’anxiété ?
Si l’on sait que certains gènes sont impliqués dans le risque d’anxiété, il n’existe pas de «gènes de l’anxiété» en tant que tel. Des études menées sur des jumeaux confirment ainsi qu’aucun gène ne détermine à lui seul la maladie, la composante génétique n’étant qu’un des facteurs qui contribuent à l’apparition de ce trouble. Les gènes les plus étudiés jusqu’à présent sont ceux de la voie de la sérotonine, portés par le chromosome 17, et notamment le 5-HTT et le TPH (2), jouent un rôle clé dans le fonctionnement du système sérotoninergique, impliqué dans la régulation de l’humeur, des émotions et du stress.
- Le gène 5-HTT code pour une protéine responsable de la recapture de la sérotonine dans les synapses neuronales, qui influence directement la disponibilité de la sérotonine dans le cerveau. • Le gène TPH2 quant à lui code pour une enzyme clé, le tryptophane hydroxylase 2, responsable de la première étape de la synthèse de la sérotonine à partir du tryptophane dans le cerveau. Cependant, ces gènes n’agissent pas seuls, puisque leur impact dépend fortement de l’interaction avec l’environnement et de facteurs tels que l’alimentation, la consommation d’alcool, le stress, qui peuvent largement influencer l’expression de l’ADN : c’est ce que l’on appelle l’épigénétique.
