
Ce matin, plus de 850.000 candidats franchiront les portes de quelque 3.000 centres d’examen à travers le pays. Durant cinq jours – jusqu’au 19 juin – ces élèves, adolescents ou jeunes adultes pour la plupart, seront confrontés à l’épreuve qui marque symboliquement la fin de leur scolarité secondaire : le baccalauréat. Un moment décisif, tant pour leur avenir individuel, les attentes de leurs familles, que pour le miroir qu’ils tendent à la société algérienne dans son ensemble.
On peut dire que durant chaque année, rares sont les événements capables de rassembler autant les citoyens, d’attirer autant l’attention et déchaîner les passions et les discussions. Des Hauts-Plateaux aux grandes métropoles, des lycées urbains aux établissements du Sud profond, ils sont des centaines de milliers à se mobiliser – élèves, enseignants, parents, fonctionnaires, agents de sécurité – dans une organisation colossale qui témoigne de l’importance sociale de ce rendez-vous annuel.
Quel autre événement national mobilise à la fois 240.000 encadreurs, 22.000 agents de la Protection civile, et 24. 000 éléments des forces de l’ordre ? Bien plus qu’un simple examen scolaire, le baccalauréat est devenu une institution républicaine, un rituel collectif chargé d’émotion, de stress, mais aussi d’espoir.
Derrière ces chiffres impressionnants, il y a des visages : ceux d’élèves qui, durant plusieurs semaines, ont révisé tard dans la nuit, de parents qui ont tout sacrifié pour accompagner leurs enfants, et d’enseignants de terminal qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour cette dernière classe éducative avant de passer à l’âge adulte. Pour ces 850.000 candidats, l’examen représente bien souvent le tremplin vers un avenir meilleur.
Une diversité de profils au BAC 2025
Cette année, le ministère de l’Education nationale a noté une hausse sensible du nombre des candidats libres, témoignant de la diversité des trajectoires. Adultes en reconversion, élèves recalés d’une session précédente, ou encore jeunes ayant quitté l’école traditionnelle pour étudier autrement : tous viennent avec leur lot de défis personnels, de rêves à rattraper ou à concrétiser.
Les sept filières – lettres et philosophie, langues étrangères, sciences expérimentales, mathématiques, technique-mathématiques, gestion et économie, ainsi que les arts – traduisent également la volonté d’adapter l’examen à la pluralité des aspirations des jeunes générations.
Chaque session du bac rappelle aux parents le rôle déterminant qu’ils jouent dans le parcours de leurs enfants. Soutien psychologique, accompagnement matériel, sacrifices financiers… Le bac est souvent l’aboutissement de dix-sept années d’efforts partagés, depuis la première rentrée en maternelle jusqu’à ce moment solennel où l’élève se munit de sa convocation et de sa carte d’identité, franchissant les portes du centre d’examen.
Pour rappel, en 2024, le taux de réussite était de 58,28%. Une statistique qui ne reflète qu’en partie la complexité du parcours scolaire algérien mais qui donne également de l’espoir. En moyenne, 6 candidats sur 10 auront leur Bac en Algérie dans des épreuves qui sont à la portée de tous les élèves, les plus performants comme les moyens sous réserve d’une bonne préparation.
G. Salah Eddine
