
Savez-vous qu’après l’accouchement, certaines femmes continuent de ressentir des mouvements
dans leur ventre, comme si leur bébé était toujours là ? Une étude publiée dans la revue BJOG met en lumière ce phénomène.
Un phénomène pas toujours positif
Même après l’accouchement, certaines femmes continuent de ressentir les mouvements de leur bébé dans leur ventre. Cela peut sembler tiré par les cheveux, voire tout droit sorti d’un conte de fées, mais ce n’est pas le cas. Près de quatre femmes sur dix déclarent ressentir, après l’accouchement, des mouvements similaires à ceux d’un bébé in utero. Souvent, ce sont des coups, parfois des roulades ou encore de petits soubresauts.
Ces mouvements, appelés « mouvements fœtaux fantômes » (Phantom Fetal Movements, PFMs), peuvent sembler étranges, mais ces sensations post-partum sont assez fréquentes, bien que peu connues. Comme on sait encore très peu de choses sur ces symptômes, une étude observationnelle, publiée dans la revue BJOG: An International Journal of Obstetrics & Gynaecology, les documente en détail.
Comment expliquer ces mouvements sans la présence du fœtus ?
Pour mener leurs recherches, les scientifiques ont interrogé 4 038 femmes : 40,5 % d’entre elles ont déclaré avoir ressenti des PFMs. Chez ces femmes, les symptômes apparaissent souvent dans les six mois qui suivent l’accouchement, mais ils peuvent aussi survenir quelques semaines après la naissance, plus d’un an plus tard, et durer parfois plus de deux ans. Leur intensité et leur fréquence varient d’une femme à l’autre.
Les chercheurs avancent plusieurs hypothèses. Tout d’abord, une mémoire sensorielle très vive : à partir d’expériences passées, le cerveau anticipe certains signaux internes. Ce « processus prédictif » est souvent évoqué dans les phénomènes dits fantômes, comme le syndrome du membre fantôme chez les amputés. D’autres explications sont également proposées : contractions utérines résiduelles, activité intestinale ou encore hypersensibilité corporelle.
Quelles femmes sont les plus sujettes à ce phénomène ?
Même si de nombreuses femmes peuvent en faire l’expérience, toutes ne sont pas concernées. L’auteur de la recherche, explique : « La survenue de ces mouvements fantômes était associée à un âge maternel jeune, au nombre de grossesses, à un accouchement par césarienne, à la présence de complications postnatales, ainsi qu’à une perception plus précoce et intense des mouvements fœtaux durant la grossesse »
L’étude montre également que les femmes ayant ressenti des mouvements particulièrement intenses et fréquents pendant leur grossesse sont plus susceptibles de vivre ce phénomène.
Un phénomène pas toujours positif
Aussi étranges soient-elles, ces sensations ne sont pas toujours perçues négativement. Certaines mères les vivent avec joie ou nostalgie, y voyant un lien prolongé avec leur grossesse. Mais pour d’autres, elles peuvent raviver de la douleur, de la tristesse ou un sentiment de perte, notamment après une fausse couche. Ainsi, près de 20 % des femmes concernées décrivent ces sensations comme émotionnellement inconfortables.
Au-delà de ces résultats, cette étude est l’une des premières à se pencher sur ce phénomène. Elle suggère que la grossesse laisse une trace corporelle et neurologique durable. Les scientifiques estiment que si ces symptômes étaient mieux reconnus, les femmes pourraient être mieux accompagnées dans leur post-partum, tant sur le plan sensoriel que psychologique.
