
La « Tesla à 25 000 dollars » a longtemps relevé du mirage. Annoncée à de multiples reprises depuis 2020, jamais commercialisée, elle est devenue un symbole des ambitions contrariées du constructeur. Cette fois, Elon Musk en fait la promesse : une Tesla d’entrée de gamme verra bien le jour en 2025. Mais elle ne prendra pas la forme d’un tout nouveau modèle.
Une Model Y revisitée, pour répondre à l’urgence
Le modèle abordable attendu ne sera pas une création inédite, comme on pouvait l’espérer d’une éventuelle « Model 2 », mais plutôt une déclinaison simplifiée du Model Y, SUV à succès de la firme. Selon les déclarations de Musk lors de la présentation des résultats trimestriels le 24 juillet 2025, la production de cette version d’entrée de gamme commencera entre août et septembre dans les usines de Fremont et Austin.
L’objectif : réduire les coûts sans modifier profondément les chaînes d’assemblage. Cette stratégie industrielle permet à Tesla d’éviter les dépenses colossales liées au développement d’un modèle entièrement nouveau. Toutefois, aucune information officielle n’a été donnée sur l’autonomie, la motorisation, le prix de base ou les marchés concernés.
Il est probable que Tesla mise sur : une batterie LFP (lithium-fer-phosphate) à plus faible autonomie ;
un habitacle simplifié ; une motorisation à puissance réduite.
Cela permettrait de proposer un tarif inférieur à 35 000 €, voire sous la barre symbolique des 30 000 € si des aides gouvernementales s’y ajoutent.
Une nécessité vitale pour Tesla
Ce repositionnement stratégique arrive à un moment critique. Tesla affronte des vents contraires d’une rare intensité. Le deuxième trimestre 2025 a été marqué par :
une chute de 16 % du chiffre d’affaires, à 1,17 milliard de dollars ;
une baisse de 13 % des livraisons mondiales ;
une dégringolade de 51 % des revenus liés aux crédits carbone (441 millions $, contre 892 millions l’année précédente) ;
Une diminution du prix moyen de vente de ses véhicules
Le groupe est victime d’une double peine : une augmentation des coûts de production et une image ternie par les positions politiques d’Elon Musk, désormais ouvertement allié de Donald Trump. Ce dernier, probable candidat républicain pour l’élection présidentielle de 2024, a démantelé les régulations environnementales mises en place par Joe Biden, entraînant un effondrement du marché des crédits d’émission — qui constituaient une part essentielle des revenus de Tesla.
Dans ce contexte, le timing est serré : la suppression des aides à l’achat de véhicules électriques aux États-Unis est annoncée pour début 2026, conséquence directe des décisions de l’administration Trump. Les 7 500 $ de crédits fédéraux risquent donc de disparaître, rendant les véhicules Tesla moins compétitifs face aux marques chinoises comme BYD ou Nio, qui continuent leur percée mondiale.
La Model Y d’entrée de gamme est donc pensée comme une solution d’urgence pour relancer les ventes sur le marché nord-américain, tout en préparant l’avenir : « Nous traversons une période de turbulence, mais la fin 2026 marquera un tournant », a déclaré Musk.
Un avenir toujours centré sur l’autonomie et l’intelligence artificielle
Malgré l’absence de nouveaux modèles majeurs à court terme, Musk continue de miser sur les projets futuristes. Il a réaffirmé sa confiance dans : les robotaxis sans conducteur, testés actuellement au Texas ;
le Cybercab, véhicule autonome prévu pour 2026 ; les robots humanoïdes Optimus, censés soutenir la rentabilité future de Tesla dans le domaine industriel et domestique.
« Une fois que nous aurons atteint l’autonomie à grande échelle — d’ici fin 2026 — Tesla deviendra l’entreprise la plus rentable au monde », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse.
Tesla joue gros. En s’appuyant sur le Model Y, le constructeur mise sur la prudence industrielle tout en essayant de regagner du terrain sur le segment du grand public. Mais entre les tensions politiques, la perte d’aides publiques, les concurrents chinois et le scepticisme croissant autour d’Elon Musk, le pari est risqué. Les mois à venir seront décisifs pour l’avenir du géant californien de l’électrique.
