
Le Forum d’affaires algéro-slovène, tenu hier et avant-hier à Alger sous la présidence du ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, M. Kamel Rezig, a mis en lumière la dynamique de coopération croissante entre deux économies qui partagent une même ambition : bâtir des partenariats solides, durables et mutuellement bénéfiques dans le cadre du principe gagnant-gagnant.
Cet événement, organisé par le Conseil du renouveau économique algérien (CREA), en coordination avec l’ambassade de Slovénie, s’inscrit dans la continuité du rapprochement diplomatique et économique amorcé à la faveur de la visite d’État du président Abdelmadjid Tebboune en Slovénie, en mai dernier.
Dès l’ouverture des travaux, M. Rezig a tenu à rappeler les fondements de cette coopération : une confiance mutuelle, une complémentarité économique réelle et une vision partagée de la diversification des échanges. Le ministre a affirmé que l’Algérie « dispose d’un climat d’affaires et d’investissement attractif » et « représente un partenaire solide pour la Slovénie à laquelle elle offre une porte d’entrée vers le marché africain ». Cette déclaration, empreinte de pragmatisme, traduit la volonté d’Alger de se positionner comme un hub économique régional, ouvert sur l’Afrique et ancré dans la modernité économique mondiale.
Le ministre a également rappelé que les liens entre les deux nations connaissent un nouvel élan depuis la visite présidentielle, durant laquelle les bases d’une coopération stratégique ont été jetées. Les entreprises des deux pays, a-t-il souligné, montrent un intérêt grandissant pour le développement de projets conjoints, encouragées par « le climat d’affaires attractif qu’offre l’Algérie ». Ce dynamisme s’inscrit dans la politique économique du gouvernement algérien, axée sur la diversification des partenariats et l’ouverture à des marchés porteurs, tout en valorisant les potentialités locales.
Dans ce contexte, M. Rezig a fait un parallèle éclairant avec la récente 4ᵉ édition de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025), organisée le mois dernier à Alger, qui a, selon lui, « favorisé l’accès des opérateurs de différents pays à l’économie algérienne ». Il a exprimé l’espoir que ce forum débouche sur « des résultats reflétant les bonnes relations entre les deux pays et à même de renforcer les investissements dans le cadre d’une relation gagnant-gagnant ».
Cette approche équilibrée et visionnaire a trouvé un écho dans l’intervention de l’ambassadrice de Slovénie en Algérie, Mme Urska Kramburger Mendak, qui a souligné l’importance stratégique du forum pour la promotion des échanges économiques entre les deux pays, conformément aux orientations des dirigeants respectifs. Elle a mis en avant la complémentarité naturelle entre l’industrie technologique slovène et le potentiel économique algérien, offrant ainsi une base solide pour des partenariats sectoriels.
Le forum, qui s’étale sur deux jours, a permis d’établir un cadre concret de rencontres B2B couvrant une large palette de secteurs : enseignement supérieur, industries lourdes, environnement, pharmacie, eau et irrigation intelligente, médecine, intelligence artificielle, soins de santé, start-up et même activités spatiales. Ce spectre reflète non seulement la volonté des deux pays de s’engager dans des domaines à forte valeur ajoutée, mais aussi la confiance accordée à la capacité d’innovation et à la compétitivité de leurs entreprises. Les discussions entre M. Rezig et l’ambassadrice slovène ont d’ailleurs confirmé cette orientation stratégique. Tous deux ont rappelé la volonté ferme de leurs dirigeants de « renforcer la coopération bilatérale » et d’“étendre les domaines de partenariat économique au mieux des intérêts communs ». Cette convergence traduit la maturité des relations algéro-slovènes, désormais centrées sur la création de valeur partagée et la consolidation d’une relation économique pérenne.
Le vice-président du CREA, M. Reda Hachelaf, a pour sa part mis en exergue le rôle du secteur privé dans cette dynamique, affirmant que des efforts constants sont déployés pour « établir des relations solides et pérennes entre les entreprises des deux pays ». Il a également rappelé que « l’Algérie offre une porte d’entrée vers les marchés africain et arabe, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et de la Grande zone arabe de libre-échange (GZALE) ». Par cette affirmation, il souligne la position stratégique unique de l’Algérie dans l’architecture commerciale régionale, en tant que passerelle naturelle entre l’Europe, l’Afrique et le monde arabe.
De nombreux chefs d’entreprises slovènes ont, à cette occasion, manifesté leur volonté de partager leur savoir-faire technologique et leur expertise industrielle, notamment via la création d’entreprises mixtes tournées vers l’exportation sur le marché africain. Cette ouverture illustre la montée en puissance de l’Algérie en tant que partenaire crédible et attractif pour les économies européennes à la recherche de relais de croissance et de nouvelles chaînes de valeur. En marge de la rencontre, le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), M. Omar Rekkache, a annoncé la préparation d’un mémorandum d’entente avec l’Agence slovène de développement des affaires (SPIRIT Slovenia). Ce document portera sur l’échange d’informations et la coordination des actions destinées à renforcer les opportunités d’investissement dans les deux pays, avec un accent particulier sur les secteurs agricole et industriel.
Ainsi, ce forum d’affaires de deux jours dépasse le cadre d’un simple événement économique : il s’impose comme un jalon dans la consolidation d’un partenariat euro-méditerranéen à vocation africaine. En misant sur la complémentarité, la confiance et la transparence, Alger et Ljubljana tracent les contours d’une coopération exemplaire entre un pays émergent et une économie européenne dynamique. Dans un contexte international marqué par l’incertitude, l’Algérie et la Slovénie montrent qu’une diplomatie économique fondée sur le respect mutuel et la vision à long terme peut ouvrir la voie à une prospérité partagée et durable. G. Salah Eddine
