
Les travaux du Colloque national sur les impacts environnementaux de la colonisation en Afrique se sont ouverts hier à Alger, sous le thème : « Vérités historiques et séquelles écologiques, le cas de l’Algérie ». Cette rencontre, organisée au Cercle national de l’armée à Beni Messous, s’inscrit dans le cadre des célébrations du 71e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er novembre 1954.
Présidant l’ouverture des travaux, le ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, Abdelmalek Tacherift, a replacé cette initiative dans le long processus de réappropriation de la mémoire nationale. Dans un discours empreint de solennité et de profondeur, il a rappelé que les valeurs de Novembre constituent « un legs divin né sur une terre imprégnée du sang pur des martyrs », soulignant que la mémoire nationale conserve à la fois « les pages glorieuses gravées dans le sang » et « les stigmates des atrocités commises par le colonisateur ».
Pour M. Tacherift, chaque parcelle de terre algérienne raconte à la fois un épisode héroïque et une tragédie coloniale, rendant indispensable un travail scientifique et historique de vérité. « Ces plaies, loin d’appartenir au passé, continuent de se transmettre à travers les générations, sous forme de traumatismes écologiques, sociaux et mémoriels », a-t-il affirmé.
Le ministre a rappelé que ce colloque s’inscrit dans la continuité d’une série d’initiatives de haut niveau menées par son département pour documenter et dénoncer les crimes coloniaux. Parmi ces actions, il a cité le colloque international sur les essais nucléaires français dans le Sahara algérien, tenu le 13 février 2025, puis la conférence sur les crimes coloniaux entre hier et aujourd’hui, organisée le 19 février de la même année, ainsi que le symposium international des 1er et 2 juillet 2025 sur les crimes coloniaux dans l’histoire de l’humanité.
Ces efforts, a-t-il insisté, traduisent la volonté de l’État algérien d’« éclairer cette phase sombre de l’histoire » et de « mettre en lumière les souffrances du peuple algérien face à un colonialisme organisé dont les effets continuent de se manifester à travers les séquelles environnementales et sanitaires ». M. Tacherift a estimé que ces crimes, « par leur nature systématique et leur ampleur, ne peuvent être effacés ni prescrits », ajoutant que « la justice et la reconnaissance sont les seules voies d’un avenir partagé entre les peuples ».
Le ministre a également souligné l’importance que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, accorde aux questions de mémoire nationale, rappelant qu’elles constituent une « base essentielle de l’édifice national et un moyen d’ancrer la conscience historique collective ». Cette attention, a-t-il précisé, a permis de faire du dossier de la mémoire « un axe majeur du renforcement de la souveraineté intellectuelle et identitaire de la nation ». M. Tacherift a enfin appelé à un travail collectif, moral et scientifique, pour préserver la vérité historique et honorer la mémoire des martyrs : « Ce devoir de mémoire n’incombe pas uniquement à l’État ou aux institutions académiques, mais à chaque citoyen. C’est un devoir moral et national que nous accomplissons par fidélité à nos héros et par respect pour l’histoire glorieuse de notre peuple. »
Le ministre a conclu en saluant les chercheurs et participants pour leurs efforts dans la valorisation du patrimoine mémoriel et environnemental du pays, remerciant les secteurs des moudjahidine et de l’environnement pour leur collaboration dans la préparation de ce colloque majeur.
Il a qualifié cette rencontre de « contribution scientifique précieuse au service de la mémoire nationale et de la justice historique », réaffirmant que l’Algérie poursuivra, avec constance et détermination, son combat pour la reconnaissance des crimes coloniaux et la réparation des séquelles écologiques qui en découlent.
Cette rencontre a réuni un large panel de moudjahidine, chercheurs et historiens algériens et étrangers, venus débattre des conséquences environnementales désastreuses du colonialisme sur le continent africain.
G. S. E.
