
Lundi dernier à Alger, à l’occasion du 71e anniversaire du déclenchement de la glorieuse Révolution de libération nationale, le ministère de l’Environnement et de la Qualité de la vie et celui des Moudjahidine et des Ayants droit ont co-organisé une conférence nationale, intitulée «Impacts environnementaux du colonialisme en Afrique : faits historiques et héritage écologique».
Dans son allocution, à l’ouverture des travaux du colloque, Mme Kaouthar Kirikou a déclaré : « Nous sommes aujourd’hui témoins de l’héritage le plus odieux du colonialisme contre l’humanité et la nature, un système d’oppression systématique qui pille les ressources, modifie la végétation, et pollue l’eau et le sol, en plus de l’épuisement des ressources sans aucun égard pour le bien-être des populations et de la nature. Ses répercussions sur la circulation se sont aggravées, entraînant de graves déséquilibres environnementaux, la mémoire environnementale faisant partie intégrante de la mémoire nationale. » Et d’ajouter :
« Nous avons choisi de mettre en lumière cet aspect crucial comme l’un des piliers d’un écosystème durable, grâce à des recherches et des études scientifiques méticuleuses qui documentent et confirment les pratiques horribles du colonialisme contre l’environnement naturel, accompagnées de témoignages directs de vétérans de la lutte pour la liberté ayant vécu ces calamités, afin d’affirmer la détermination de la génération de l’indépendance à préserver la mémoire et à poursuivre sur cette voie. »
En outre, la ministre a estimé que les actions du colon français sont des exemples de « dommages écologiques ». Elle a d’ailleurs insisté sur le fait que l’Algérie fait du traitement des conséquences de ces atrocités une priorité nationale, en déployant tous les efforts et les capacités personnelles et celles de son armée professionnelle. Elle a, par ailleurs, exprimé sa certitude que la mémoire environnementale nationale confirmera au monde la brutalité du colonialisme et ses violations flagrantes. « Les normes et principes internationaux font de la protection de l’environnement une obligation internationale pour parvenir à un développement durable », a-t-elle martelé.
Pour finir, la ministre a souhaité le succès au colloque et aux recommandations qui en découlent, soulignant que « son ministère travaillera avec ses partenaires et tous les secteurs concernés pour mettre en œuvre concrètement ces recommandations ».
Le ministère de l’Environnement et de la Qualité de la vie a aussi présenté un documentaire qui a abordé les conséquences environnementales du colonialisme en Algérie, notamment, les armes utilisées pendant la révolution par le colonialisme français telles que les bombes au napalm.
Les crimes coloniaux ne peuvent être oubliés
De son côté, M. Abdelmalek Tacherift, ministre des Moudjahidine et des Ayants droit, a remercié la ministre de l’Environnement pour cette initiative, en rappelant que « ces efforts scientifiques et de recherche s’inscrivent également dans le cadre d’une parfaite harmonie avec la grande attention que le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, porte aux archives de la mémoire nationale, les considérant comme un pilier fondamental de la construction et un moyen de consolider la conscience nationale ». Il dira dans ce sens : « Les crimes coloniaux odieux, dont l’Afrique, en général, l’Algérie, en particulier, et de nombreux autres peuples du monde ont été victimes ne s’effacent pas avec le temps, conformément aux principes et conventions internationaux et ne peuvent être oubliés.” Pour lui, la réparation de ces crimes passe, au contraire, par leur reconnaissance. “Il n’y a pas de justice humaine sans reconnaissance ni d’avenir sans équité », a martelé l’orateur.
Un autre documentaire, produit cette fois-ci par le ministère des Moudjahidine, a été présenté. Intitulé « Les crimes de la France en Algérie », il inclut des témoignages des habitants de Reggane sur les effets des 4 opérations Gerboise menées par le colonisateur dans le Sahara.
Les travaux du colloque
Ce colloque a été présidé par plusieurs personnalités de haut niveau. Y ont participé le professeur Hocine Abdessatar, directeur du Centre national d’études et de recherche sur la résistance populaire, qui a modéré le colloque, le docteur Mustapha Saadaoui qui a, lui, présenté une communication sur les crimes du colonialisme et la mémoire environnementale en Afrique, tandis que le professeur Karim Arab a montré une évaluation environnementale de la pollution historique au napalm. Quant à Mustapha Marah, de la cellule des médias de l’Armée nationale populaire, il a abordé les conséquences des violences coloniales sur l’environnement en général.
Ce colloque a vu, en outre, la présence de M. Wilson Mofumo, l’un des plus grands spécialistes camerounais dans les affaires étrangères et géopolitiques, et de la défense.
Les moudjahidine Sadouk Abdelkader et Dhouaifia Mohamed, qui ont participé à la guerre de libération nationale, ont apporté leur témoignage. La clôture a été marquée par la commémoration des moudjahidine et des participants à cet événement.
O. Lazela
