Programmes tv pour le mois sacré : La bataille des écrans plus passionnante que jamais !

À l’approche du mois sacré, les écrans algériens s’embrasent d’une effervescence particulière. Teasers cinématographiques, affiches officielles soigneusement dévoilées, extraits diffusés au compte-gouttes sur les réseaux sociaux : la bataille du Ramadan 2026 est lancée.

Par Meriem Cheklat

Plus qu’une simple période de programmation, le mois sacré représente en Algérie le sommet absolu de la saison audiovisuelle, un moment où les chaînes jouent une part décisive de leur crédibilité, de leur audience et de leurs revenus publicitaires. Car en Algérie, le Ramadan ne se vit pas seulement dans les mosquées et autour des tables du ftour : il se prolonge dans les salons, face au petit écran, où familles et proches se réunissent pour partager feuilletons, comédies et débats. La fiction nationale y occupe une place centrale, miroir des tensions sociales, des fractures générationnelles et des aspirations d’une société en mutation. Pour 2026, la production s’annonce plus dense, plus ambitieuse et plus concurrentielle que jamais.

Une fiction algérienne en pleine maturité

Ces dernières années, la fiction ramadanesque algérienne a gagné en qualité technique : image plus soignée, écriture plus structurée, direction artistique plus affirmée. Les producteurs misent désormais sur des formats variés – drames sociaux, thrillers, fresques historiques, comédies populaires, adaptations internationales – afin de toucher un public élargi, allant des jeunes urbains hyperconnectés aux familles traditionnelles attachées aux récits identitaires.
Les plateformes numériques jouent également un rôle grandissant. Avant même la diffusion télévisée, certaines bandes-annonces cumulent des centaines de milliers de vues, générant attentes et débats. Le public ne se contente plus de consommer : il commente, critique, compare et arbitre.
L’Établissement public de télévision (EPTV) entend capitaliser sur sa mission de service public. À travers ses différentes chaînes nationales et thématiques, elle mise sur une programmation fédératrice, articulée autour du slogan « Le Ramadan nous rassemble ».
Parmi les productions phares figure « El Forak 2 », suite directe d’un feuilleton ayant marqué la saison précédente. Réalisée par Youcef Mehsas, la série approfondit les conflits liés à la trahison, aux loyautés fragiles et aux non-dits familiaux, avec un ton plus sombre et introspectif. Dans un registre plus léger mais tout aussi ancré dans le quotidien, « El Henna » propose une comédie sociale réalisée par Sami Faaour, explorant les dynamiques féminines, les solidarités et rivalités dans un cadre familial où traditions et modernité cohabitent difficilement.
À l’occasion de la Journée nationale du chahid, l’EPTV diffusera le téléfilm « Al Raboua thaira » (La colline révoltée), retraçant un épisode de résistance et confirmant la volonté de la télévision publique de maintenir une dimension mémorielle forte. Le concours international du Saint Coran, désormais institutionnalisé dans la grille ramadanesque, reviendra avec une participation élargie à plusieurs pays, consolidant la dimension spirituelle du programme. Côté divertissement, l’EPTV lance « Comedy Club », un concours destiné à révéler de nouveaux talents de la scène humoristique. Plusieurs sitcoms viendront compléter la grille, dont «Slimane Colombo » et «El Hasla 2 », confirmant l’importance de l’humour dans l’équilibre des soirées.

Les chaînes privées : audace et concurrence

Face à la télévision publique, les chaînes privées redoublent d’audace, misant sur des suites à succès, des castings populaires et des intrigues plus rythmées. Sur Echorouk TV, la série «Rbaâa 2 » s’annonce comme l’un des événements de la saison. La première saison avait conquis le public par son esprit de bande et son humour.
Dans cette suite réalisée par Hadj Ali Menad, le groupe d’amis incarné par Nabil Asli, Nassim Haddouche, Hakim Zelloum, Adel Cheikh, Nasser Soudani et Adila Bendimerad se retrouve cette fois traqué, inversant les rapports de force. Suspense, action et tension dramatique devraient rythmer ce nouvel opus.
La chaîne propose également « El Barani 2 », une série réalisée par Mouzahem Yahia, plongeant dans les rivalités familiales autour de la famille Glaïi, sur fond d’argent, de pouvoir et de trahison. Avec Mustapha Laribi, Khaled Benaissa, Abdelkrim Derradji et Numidia Lezoul, la production mise sur un mélange de drame intense et de réalisme social.
Sur El Hayat TV, « El Mouhadjer » – quatrième saison de l’anthologie « Ahwal El Nass » – aborde le thème sensible de l’émigration, suivant le parcours d’un jeune homme contraint de fuir son environnement pour échapper à un passé douloureux. La fiction explore l’illusion de l’ailleurs, les désillusions et la solitude de l’exilé. Plus de 150 professionnels ont participé à cette production ambitieuse.
De son côté, Samira TV diversifie son offre avec la série « El Keyya », réalisée par Oussama Kobbi, qui s’intéresse aux quartiers marginalisés et aux destins brisés d’une jeunesse en quête de repères. Le réalisateur Djaâfar Gacem y signe également « Fatma », fresque historique située dans l’Alger du XIXe siècle.
À travers le parcours d’une jeune violoniste confrontée aux normes sociales rigides, la série aborde la condition féminine, l’art et la liberté individuelle dans un contexte colonial et traditionnel. Dans un registre plus fantastique, « Fifi » propose une intrigue originale autour d’une porte mystérieuse menant à des mondes parallèles.
Sur El Bilad TV, « Dar Essed » marque le retour de Samir Abdoun dans un drame familial intense, avec la participation de Raja Meziane et Yasmine Abdelmoumen. L’adaptation « Baynatna », inspirée d’un feuilleton turc à succès, s’intéresse aux employées de maison travaillant dans des foyers aisés, explorant rapports de classe, secrets et tensions silencieuses.
Enfin, One TV diffusera « Hassla fi Cairo», coproduction algéro-égyptienne mêlant humour et choc culturel, avec Souhila Mallem et des comédiens égyptiens comme Aida Riyad et Saad Soughayar.

Un public plus exigeant et un miroir de la société

Le Ramadan 2026 confirme une évolution majeure : le téléspectateur algérien est devenu plus critique. La simple présence de stars ne suffit plus ; le public attend cohérence scénaristique, qualité de réalisation et crédibilité des personnages. Les débats sur les réseaux sociaux, les comparaisons avec les productions étrangères et la viralité des extraits imposent une pression supplémentaire aux producteurs. Chaque épisode peut devenir un succès viral… ou un sujet de polémique.
Au-delà des audiences, la fiction ramadanesque demeure un baromètre de la société algérienne. Les thèmes récurrents – chômage, migration, inégalités, corruption, place des femmes, conflits intergénérationnels – traduisent les préoccupations collectives. Le Ramadan 2026 ne fait pas exception : il s’annonce comme une saison où la télévision ne se contente pas de divertir, mais interroge, raconte et parfois dérange. Dans les salons illuminés après le f’tour, entre thé à la menthe et discussions animées, les écrans deviennent le théâtre des espoirs, des tensions et des rêves d’une société qui continue de se raconter à elle-même, soir après soir.
Ch. M.

ALGER 16 DZ

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