
La Cour constitutionnelle a organisé, mercredi dernier à Alger, une conférence scientifique intitulée « Médiation et conciliation : entre charia et loi», animée par le président du Haut-Conseil islamique (HCI), M. Mabrouk Zaid El Khair, en présence de plusieurs membres des deux institutions.
Cette rencontre, à laquelle a assisté la présidente de la Cour constitutionnelle, Mme Leila Aslaoui, visait à éclairer les enjeux liés à l’articulation entre le riche héritage de la jurisprudence islamique et les mécanismes du droit positif contemporain. L’objectif était de mettre en lumière les convergences possibles entre ces deux référents juridiques dans une approche académique et constructive associant sciences islamiques et sciences juridiques.
Dans son intervention, M. Zaid El Khair s’est penché sur le concept de médiation et de conciliation, en abordant ses dimensions à la fois religieuses et juridiques. Il a souligné l’importance que la loi islamique accorde à ces mécanismes, considérés comme « le moyen le plus noble de résoudre les conflits et de rétablir le dialogue entre les parties ».
La conférence a été marquée par une séance scientifique de haut niveau présidée par M. Bouziane Aliane, membre de la Cour constitutionnelle, avec la participation de deux membres du Haut-Conseil islamique. À cette occasion, M. Kamel Bouzidi a présenté une communication intitulée « La médiation dans le fiqh malikite » dans laquelle il a exposé « le concept jurisprudentiel de la médiation selon le rite malikite, les conditions de sa validité, ainsi que ses règles éthiques ».
De son côté, M. Saïd Bouizeri a abordé la thématique « La médiation du point de vue juridique », proposant une analyse du cadre légal qui régit ce mécanisme dans le système judiciaire contemporain.
La rencontre a réuni un large public composé d’enseignants et de chercheurs en sciences islamiques, d’étudiants de la Faculté des sciences islamiques de l’Université d’Alger 1, ainsi que de cadres et d’étudiants de l’École nationale de formation et de perfectionnement des cadres de l’administration des affaires religieuses (Dar El Imam). Des étudiants de l’École supérieure de la magistrature et de la Faculté de droit de l’Université d’Alger 1 ont également pris part aux travaux.
La conférence a donné lieu à un débat académique riche, au cours duquel les participants ont soulevé plusieurs questions liées aux mécanismes de médiation et de conciliation. Les échanges ont mis en évidence l’intérêt croissant pour ces modes alternatifs de règlement des différends, qui permettent d’apaiser les tensions sociales tout en évitant l’escalade judiciaire.
À travers cette initiative, la Cour constitutionnelle entend encourager la diffusion d’une culture de la médiation et du dialogue, en s’appuyant à la fois sur l’héritage de la jurisprudence islamique et sur les principes du droit positif moderne dans une approche complémentaire visant à renforcer les mécanismes de résolution pacifique des conflits.
Abir Menasria
