
À l’heure où la donnée s’impose comme un levier stratégique aussi crucial que l’énergie, les infrastructures numériques deviennent un véritable marqueur de souveraineté et de puissance économique. Fibre optique, 5G, cloud et satellites ne sont plus de simples outils techniques : ils redessinent la compétitivité des États. Acteur clé de cette transformation dans notre pays, le groupe Algérie Télécom occupe une place centrale dans l’écosystème numérique national. Présent sur l’ensemble de la chaîne des télécommunications, il porte une ambition claire : renforcer la connectivité, réduire la fracture numérique et positionner l’Algérie comme un hub régional du haut débit et de l’échange de données. En marge du ICT Africa Summit 2026 à Alger, un rendez-vous continental majeur dédié aux technologies numériques, Alger16 a eu l’honneur de rencontrer M. Hicham Andaloussi, Président-directeur général du groupe Algérie Télécom. Dans cet entretien, il revient en profondeur sur les avancées du groupe, ses performances en matière d’infrastructures, ainsi que la vision stratégique qui guide l’Algérie.
Entretien réalisé par Abir Menasria
Alger16 : Quelle est la portée stratégique de votre participation à l’ICT Africa Summit 2026 ?
Hicham Andaloussi : Le groupe Algérie Télécom est très fier de faire partie de l’ICT Africa Summit dans son édition 2026. Notre présence, avec l’ensemble de nos filiales, a un objectif clair : mettre en avant nos capacités technologiques sur l’ensemble des segments, notamment le fixe à travers Algérie Télécom.
Où en est aujourd’hui le déploiement des infrastructures numériques du groupe en Algérie ?
Le déploiement se déroule à merveille. Aujourd’hui, on peut dire que nous avons finalisé près de 300 000 km de fibre optique backbone, couvrant l’ensemble des wilayas du pays et permettant de desservir les foyers à grande échelle.
Nous comptons également environ 6,4 millions de foyers connectés au haut débit, avec un accent particulier sur la technologie FTTH (fibre optique jusqu’au domicile), où nous avons déjà raccordé 3,3 millions de foyers.
Ce backbone joue aussi un rôle essentiel pour les opérateurs mobiles, puisqu’il leur fournit la capacité nécessaire pour développer et optimiser leurs réseaux.
L’internet fixe progresse, mais qu’en est-il de la couverture mobile portée par ATM Mobilis ?
Concernant notre filiale ATM Mobilis, opérateur national de téléphonie mobile, on peut dire qu’on se réjouit de la couverture qu’on a atteinte. Elle couvre aujourd’hui 92 % de la population en 4G et pratiquement 100 % en 2G et 3G.
Nous avons également franchi une nouvelle étape avec la 4G+, qui atteint environ 80 % de couverture populationnelle, et nous avons lancé le déploiement de la 5G, comme vous le savez, il y a quelques mois.
L’objectif reste constant : garantir une qualité de service élevée, adaptée aux usages actuels et futurs des citoyens.
Comment le groupe répond-il aux défis de connectivité dans les zones les plus isolées du pays ?
L’Algérie est composée à environ 80% de zones désertiques, où se concentrent des activités stratégiques comme les hydrocarbures, les mines ou encore l’agriculture émergente. Mais ces zones restent souvent éloignées des grandes infrastructures urbaines.
Dans ces conditions, la couverture classique peut devenir difficile, voire limitée. C’est là qu’intervient notre troisième filiale, Algérie Télécom Satellite, qui apporte une solution complémentaire.
Elle permet d’assurer la connectivité, la téléphonie et des services liés à l’IoT (Internet of Things). Ces technologies sont essentielles pour les industries implantées dans ces zones, car elles permettent de remonter les données en temps réel et d’assurer une continuité opérationnelle, contribuant ainsi à la performance économique globale.
Quelle est votre vision du positionnement international d’Algérie Télécom et de son rôle régional ?
C’est un axe central de notre stratégie. À travers notre filiale Algérie Télécom Europe, nous gérons nos câbles sous-marins reliant l’Algérie aux grands backbones de données en Europe et, au-delà, au réseau mondial. Cela nous permet d’assurer une connectivité internationale stable et performante.
Notre ambition aujourd’hui est de dépasser le rôle de simple connecteur national pour devenir un fournisseur de capacités internationales également au service des pays africains limitrophes. Ces pays pourront à leur tour redistribuer ces capacités vers d’autres marchés. L’objectif est clair : faire de l’Algérie un véritable hub régional de transit et d’échange de données à très haut débit pour le continent africain.
Ab. M.
