Dr Kamila Bourir. dermatologue et créatrice de contenu, à Alger16 : «Aujourd’hui, les femmes sont présentes dans tous les secteurs »

Depuis toujours, la femme complète et soutient l’homme, incarnant courage et engagement. Jadis princesse, servante ou combattante, elle est aujourd’hui éducatrice, médecin, avocate et mère, devenant un pilier essentiel de la société. Aujourd’hui, elle inspire. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Alger16 a décidé de mettre en avant le parcours de l’une de ces femmes algériennes inspirantes. Il s’agit de Dr Kamila Bourir, dermatologue et vénérologue. Très active sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme « Dr.Kamila-dermatologue », elle rassemble plus de 100 000 abonnés répartis sur Instagram et TikTok. Dr Bourir a transformé sa vocation en un véritable engagement, alliant expertise médicale et sensibilisation du public, au service des patients et de la communauté.

Entretien réalisé par Amira Benhizia

Alger16 : Pour commencer, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs et revenir brièvement sur votre parcours académique et professionnel ?
Dr Kamila Bourir : Je suis le Dr Kamila Bourir, médecin spécialiste en dermatologie et vénérologie. J’ai effectué mon cursus hospitalo-universitaire pendant quatre années au sein de l’établissement hospitalo-universitaire d’Oran, où j’ai été formée à la prise en charge des maladies dermatologiques, à la dermatologie clinique, ainsi qu’à certaines techniques dermatologiques spécialisées.
Aujourd’hui, j’exerce à l’hôpital de Tindouf dans l’extrême sud de l’Algérie. Mon activité consiste à prendre en charge des pathologies cutanées variées, à sensibiliser les patients à la prévention et à partager également des informations de santé à travers les réseaux sociaux afin de rendre la dermatologie plus accessible au grand public

Qu’est-ce qui vous a orienté vers la dermatologie ? Et que représente cette spécialité pour vous à la fois sur le plan humain et professionnel ?
La dermatologie est une spécialité qui m’a toujours attirée par sa richesse et sa diversité. La peau est un organe fascinant, à la fois miroir de notre santé interne et de notre bien-être psychologique. Ce qui me touche particulièrement dans cette discipline, c’est le lien très direct avec les patients. Les maladies de la peau peuvent avoir un impact profond sur l’estime de soi et la qualité de vie. Pouvoir soulager une souffrance visible, parfois ancienne et voir un patient retrouver confiance en lui est extrêmement gratifiant, tant sur le plan humain que professionnel.

Vous exercez à Tindouf dans l’extrême sud de l’Algérie. En quoi cette expérience a-t-elle marqué votre parcours professionnel et personnel ?
Exercer à Tindouf est une expérience très marquante à la fois sur le plan professionnel et humain. Travailler dans une région éloignée des grands centres hospitaliers demande beaucoup d’adaptation et de sens des responsabilités. Mais c’est également une expérience extrêmement enrichissante. Elle m’a permis de développer une grande autonomie dans la prise en charge des patients et d’être confrontée à des réalités médicales différentes. Sur le plan personnel, cela m’a aussi appris la patience, l’humilité et l’importance de rester proche des gens.

N’étant pas originaire de cette région, comment s’est déroulée votre intégration au sein de la société locale ?
Mon intégration s’est faite progressivement, grâce à l’accueil chaleureux des habitants et à la richesse humaine de cette région. Les populations du Sud algérien sont connues pour leur générosité et leur sens de l’hospitalité.
Cette expérience m’a appris à découvrir d’autres réalités culturelles et à tisser des liens humains très sincères. Elle m’a aussi rappelé que la médecine reste avant tout une vocation de service envers les autres.

Vous êtes également très active sur les réseaux sociaux. Comment parvenez-vous à concilier votre présence en ligne avec votre mission de médecin sur le terrain ?
Les réseaux sociaux font aujourd’hui partie des nouveaux moyens de communication en santé. Mon objectif n’est pas seulement de créer du contenu, mais surtout de transmettre une information médicale fiable et accessible. Je considère cela comme un prolongement de ma mission de médecin : éduquer, prévenir et sensibiliser. L’important est de garder un équilibre entre l’activité hospitalière et la communication digitale, tout en restant fidèle à l’éthique médicale.

À votre avis, les réseaux sociaux ont-ils contribué à rapprocher davantage le médecin du patient et à faciliter l’accès à l’information médicale ?
Oui, lorsqu’ils sont utilisés de manière responsable, les réseaux sociaux peuvent être un excellent outil de vulgarisation scientifique. Ils permettent de démystifier certaines maladies, de corriger des idées reçues et d’encourager les patients à consulter lorsqu’ils ont un problème. Cependant, il est important de rappeler que l’information en ligne ne remplace jamais une consultation médicale. Elle doit rester un complément éducatif.

La femme algérienne a parcouru un long chemin pour s’imposer dans différents domaines. Selon vous, quels ont été les principaux défis qu’elle a dû surmonter ?
La femme algérienne a dû surmonter plusieurs défis, notamment l’accès à l’éducation, l’équilibre entre responsabilités familiales et ambitions professionnelles, ainsi que certains stéréotypes sociaux. Malgré cela, elle a démontré une grande capacité de résilience et d’adaptation. Aujourd’hui, les femmes sont présentes dans tous les secteurs : médecine, recherche, entrepreneuriat, enseignement ou encore politique. Ce chemin n’a pas toujours été facile, mais il témoigne d’une évolution importante de la société.

Dans le domaine médical, avez-vous le sentiment que la femme doit encore prouver davantage ses compétences que l’homme ?
La médecine est un domaine exigeant pour tous, mais il est vrai que les femmes peuvent parfois ressentir le besoin de prouver davantage leurs compétences, notamment dans certaines spécialités ou dans des environnements où les responsabilités sont lourdes.
Cependant, les choses évoluent progressivement. Les femmes médecins sont aujourd’hui reconnues pour leur expertise, leur rigueur scientifique et leur capacité à allier compétence professionnelle et empathie dans la relation avec les patients.

Comment percevez-vous l’évolution de l’image de la femme médecin algérienne au sein de la société, ces dernières années ?
L’image de la femme médecin en Algérie a beaucoup évolué. Elle est aujourd’hui perçue comme une professionnelle compétente, engagée et essentielle au fonctionnement du système de santé.
De plus en plus de jeunes femmes choisissent des carrières médicales et s’investissent dans des domaines variés de la médecine. Cette évolution reflète non seulement la place croissante des femmes dans la société, mais aussi la confiance que la population accorde à leurs compétences.

Y a-t-il une femme qui vous inspire particulièrement dans votre vie ou dans votre parcours professionnel ?
Je suis inspirée par de nombreuses femmes qui ont su concilier engagement professionnel, détermination et humanité. Mais je suis aussi profondément inspirée par les femmes du quotidien : celles qui travaillent, élèvent leurs enfants, poursuivent leurs études et continuent d’avancer malgré les obstacles. Ces parcours discrets sont souvent les plus inspirants.

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, quel message souhaiteriez-vous adresser à la femme algérienne, et en particulier aux jeunes qui aspirent à construire un avenir professionnel indépendant ?
Je souhaiterais dire aux jeunes femmes algériennes de croire en leur potentiel et de ne pas avoir peur de poursuivre leurs ambitions.
Chaque parcours demande du travail, de la patience et parfois du courage. Mais avec de la détermination et une vision claire de ses objectifs, il est possible de construire un avenir professionnel solide tout en restant fidèle à ses valeurs.
La femme algérienne a déjà prouvé qu’elle était capable de grandes choses, et je suis convaincue que les générations à venir continueront à écrire de très belles pages de notre société.
A. B.

ALGER 16 DZ

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