Journée mondiale des télécommunications et de la société de l’information : Au cœur d’une révolution technologique et numérique

Le ministre de la Poste et des Télécommunications, M. Sid-Ali Zerrouki, a présidé hier, au siège d’Algérie Télécom à Alger, la célébration de la Journée mondiale des télécommunications et de la société de l’information. Une occasion mise à profit pour faire le point sur les avancées du pays en matière d’infrastructures numériques et sur les chantiers en cours visant à renforcer la résilience du réseau national dans un contexte où la connectivité est devenue un enjeu stratégique.

Dans son discours d’ouverture de l’atelier intitulé « Résilience et résilience des réseaux de télécommunications », le ministre a insisté sur un changement de paradigme profond. Les réseaux, a-t-il expliqué, ne sont plus de simples outils de communication, mais des infrastructures vitales au fonctionnement du pays, touchant directement l’éducation, la santé, les services publics et l’économie.
Il a ajouté que ces réseaux constituent désormais « avant tout une ligne de défense nationale dans un monde où la résilience numérique est devenue une condition essentielle à la continuité de l’État et à la protection des citoyens ». Une formulation qui résume l’évolution rapide du rôle du numérique, passé du confort technologique à un enjeu de souveraineté.
Dans cette dynamique, le ministre a rappelé que l’Algérie, sous l’impulsion des hautes orientations du président de la République, poursuit une transformation accélérée de son système de télécommunications. L’objectif est clair : construire une infrastructure plus robuste, plus flexible et capable de résister aux pics de demande, aux risques de cybersécurité et aux situations exceptionnelles.
Sur le terrain, les progrès sont déjà visibles. Le ministre a indiqué que le nombre d’abonnés au fixe et à l’internet dépasse désormais les 7 millions, dont plus de 3,4 millions raccordés à la fibre optique. Une évolution qui traduit une transition progressive mais déterminée vers le très haut débit.
L’ambition affichée est encore plus marquée : généraliser la fibre optique et remplacer totalement les réseaux cuivre d’ici fin 2026 ou début 2027. « Nous vous le promettons », a-t-il affirmé, en soulignant que ces chiffres ne sont pas de simples statistiques, mais le signe d’une mutation profonde dans l’accès aux services numériques pour les citoyens, les écoles, les administrations et les entreprises.
Cette transformation vise également à réduire les disparités territoriales. Le ministre a insisté sur la nécessité de garantir une connectivité équitable entre les régions, afin que la qualité du réseau ne dépende plus de la localisation géographique mais devienne un standard national.

L’importance de la 5G
Dans le même esprit, l’arrivée de la 5G a été présentée par le ministre Sid-Ali Zerrouki comme « une nouvelle étape stratégique ». Elle permettra, selon lui, de renforcer les capacités des réseaux et de soutenir le développement de l’économie numérique, de l’intelligence artificielle, de l’Internet des objets et des services innovants.
« La 5G ne remplace pas les technologies existantes, mais vient les compléter, en parallèle du déploiement de la fibre et du recours au satellite pour les zones les plus isolées » a-t-il noté.
Au-delà des infrastructures, le ministre a insisté sur un enjeu central : la qualité de l’expérience utilisateur. Le défi n’est plus seulement d’avoir plus d’abonnés ou une meilleure couverture, mais d’assurer un service fiable, continu et résilient, capable de fonctionner même en période de forte tension.

Une initiative pour simplifier le digital
Dans un registre plus tourné vers la société, M. Zerrouki a également annoncé le lancement de l’initiative « 7.77 » ou «777 », un programme de formation numérique ouvert à tous les âges, de 7 à 77 ans. L’objectif est de démocratiser les compétences digitales dans des domaines clés comme l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la programmation ou encore le cloud computing.
Ce programme, porté par les centres de compétences déjà installés dans plusieurs wilayas et appelés à s’étendre à l’échelle nationale, suscite déjà un fort engouement, notamment à Sétif et Annaba. La formation sera gratuite, accessible en présentiel et à distance, avec une ambition affichée de former au moins 30 000 personnes.
Enfin, le ministre a mis en garde contre la montée des risques liés à la fraude en ligne et aux usages numériques non sécurisés. Il a rappelé que les institutions officielles ne demandent jamais d’informations sensibles par téléphone et que les citoyens doivent impérativement passer par les canaux certifiés, comme les plateformes officielles de la Poste.
Il a également alerté sur les dangers des logiciels piratés et des applications non sécurisées, susceptibles d’exposer les données personnelles des utilisateurs. Dans un contexte où la transformation numérique s’accélère, la vigilance individuelle devient, selon lui, un prolongement indispensable de la sécurité nationale.

Un programme riche
Le programme de cette journée a donné lieu à une série de présentations techniques consacrées à un enjeu devenu central : la résilience des réseaux de télécommunications. Les échanges ont également porté sur des technologies en plein essor, notamment le Direct-to-Cell (DTC), qui permet une connexion directe entre les satellites et les téléphones mobiles, ainsi que l’Internet des objets (IoT), appelé à transformer en profondeur les usages numériques en Algérie.
Au-delà des aspects purement techniques, l’événement a pris la forme d’un espace de dialogue stratégique réunissant des représentants de l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’autorité nationale de régulation, ainsi que plusieurs partenaires institutionnels et acteurs clés du secteur. Une configuration qui reflète l’importance croissante de la coopération internationale dans la modernisation des infrastructures numériques.
Cette Journée mondiale des télécommunications a été l’occasion de réaffirmer la volonté de l’Algérie d’accélérer la transformation de son écosystème numérique et d’intégrer les technologies de nouvelle génération dans les usages quotidiens. Les discussions ont mis en lumière les progrès réalisés, mais aussi les attentes encore fortes en matière d’amélioration de la qualité de service.
Dans ce contexte, plusieurs participants ont insisté sur la nécessité de passer plus rapidement de la stratégie à l’action, notamment en matière de maintenance des réseaux et de déploiement effectif de la 5G. L’enjeu est désormais clair : transformer les annonces en résultats visibles pour les citoyens.
La prochaine étape, selon les intervenants, repose donc sur un suivi rigoureux et une coordination renforcée entre acteurs publics et privés. Une condition essentielle pour garantir une vision cohérente et éviter que les ambitions numériques ne restent au stade des intentions.
Abir Menasria

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