Himoud Mostapha, Président de l’Association nationaledes éleveurs de bétail, à Alger16 : «toute initiative visant à développer le secteur de l’élevage constitue une valeur ajoutée»

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La question des prix du mouton de l’Aïd El-Adha revient chaque année avec insistance au sein de la société. Cette année, pour la deuxième année consécutive, l’État a procédé à l’importation de plus d’un million de têtes de moutons. Malgré cela, les moutons locaux continuent de susciter une forte demande.
Pour aborder ces enjeux, Alger16 a échangé avec le président de l’Association nationale des éleveurs de bétail, M. Himoud Mostapha, la seule association agréée par le ministère de l’Intérieur.

Entretien réalisé par Amira Benhizia

Alger16 : D’abord, pouvez-vous nous présenter votre association ?
M. Himoud Mostapha :
L’Association nationale des éleveurs de bétail est la seule association agréée par le ministère de l’Intérieur. Notre association joue un rôle essentiel dans l’organisation et le développement du secteur de l’élevage, en défendant les droits des éleveurs et en représentant leurs préoccupations auprès des autorités. Elle contribue également à trouver des solutions aux problèmes auxquels ils sont confrontés, tels que la hausse du prix des aliments pour bétail, la sécheresse et les maladies qui touchent le cheptel.
Elle veille aussi à sensibiliser les éleveurs aux méthodes modernes d’élevage et à l’amélioration de la production, tout en coordonnant avec les autorités compétentes pour organiser les marchés, protéger le cheptel et soutenir les projets de développement du secteur, notamment lors des périodes importantes comme l’Aïd El-Adha.

Comment évaluez-vous la situation du marché des moutons de l’Aïd cette année ?
Le marché des moutons de l’Aïd connaît cette année une hausse des prix par rapport aux années précédentes, avec des fluctuations importantes entre l’offre et la demande, ce qui rend les prix moins stables que d’habitude.
Cette hausse traduit une tendance inflationniste claire, puisque le mouton vendu autour de 80 000 DA auparavant atteint désormais environ 92 500 DA.

Quel est le prix moyen d’un mouton algérien ?
Il est difficile de fixer un prix précis ou stable pour le mouton, car les tarifs varient selon le poids — certains pèsent 20 kg, d’autres jusqu’à 80 kg — mais aussi selon les races. Il n’existe pas de prix au kilogramme officiellement établi sur le marché, ce qui rend les prix très variables en fonction de l’offre, de la demande et des conditions économiques.

Quelles sont les causes de cette hausse des prix ?
La hausse des prix des moutons de l’Aïd s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, un déséquilibre entre l’offre et la demande, la demande étant nettement supérieure à l’offre disponible.
À cela s’ajoute la hausse du prix des aliments pour bétail, qui a directement impacté les coûts de production. Enfin, la sécheresse enregistrée ces dernières années a réduit la disponibilité des fourrages et la productivité des terres, aggravant encore la situation.

Quel est l’impact de l’importation de moutons sur le marché national ? Peut-elle créer un équilibre ?
J’ai vu de nombreux moutons roumains et espagnols, ils rencontrent une certaine demande en raison de leurs prix plus accessibles.
Dans tous les cas, toute initiative visant à organiser et développer le secteur de l’élevage constitue, selon moi, une valeur ajoutée positive.

Pourquoi, selon vous, l’éleveur algérien n’arrive plus à couvrir la demande locale ?
Il y a quelques années, l’éleveur national couvrait la demande locale et dégageait même un surplus destiné aux bouchers. L’Algérie dispose pourtant d’importantes ressources, mais leur exploitation insuffisante risque d’en limiter le potentiel.
Aujourd’hui, la principale cause de cette incapacité à répondre à la demande est la sécheresse enregistrée ces dernières années. Les pluies récentes ne suffisent pas à compenser rapidement les pertes, car la reconstitution des ressources fourragères demande du temps.
Avec un programme structuré et une meilleure valorisation des ressources, l’Algérie pourrait redevenir exportatrice de bétail. Je dis bien « redevenir », car le pays exportait déjà du bétail vers plusieurs marchés internationaux, il y a quelques années.

Un dernier mot ?
Je souhaite d’abord que les Algériens s’entraident pour réussir l’Aïd. J’appelle également l’État à renforcer le soutien aux éleveurs et à réduire les taxes sur les aliments pour bétail, afin de permettre au secteur d’atteindre l’autosuffisance.
A. B.

ALGER 16 DZ

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