
La ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Kaouter Krikou, a mis en exergue, samedi dernier à Alger, l’engagement de l’Algérie à répondre aux enjeux environnementaux et climatiques globaux dans un contexte international coordonné, tout en soulignant l’importance cruciale de sauvegarder la biodiversité pour assurer le développement durable.
Lors d’une intervention à l’occasion du Colloque international sur la biodiversité en Algérie, qui coïncidait avec la Journée mondiale de la biodiversité (22 mai), la ministre a indiqué que, conformément aux directives du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, le pays s’engage à relever les défis environnementaux, y compris ceux associés aux conséquences du changement climatique et aux phénomènes naturels. Cela se fait au moyen d’une planification stratégique nationale qui témoigne de son attachement aux conventions internationales.
Dans ce cadre, elle a souligné une fois de plus l’appui de l’Algérie à toutes les démarches internationales cherchant à protéger la biodiversité par le biais du partage d’expertises, précisant que « la coordination communautaire aux niveaux local, national et international est devenue un impératif pour assurer une protection efficace des écosystèmes et réaliser le développement durable ».
L’Algérie a ainsi mis en place son plan stratégique et d’action nationale pour la biodiversité 2025-2030, qui est en phase avec le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, jugé comme « un document de référence ».
Mme Krikou a précisé que cela implique de définir précisément la fonction de chaque secteur et partenaire impliqué, tout en réunissant les ressources matérielles et humaines pour une mise en œuvre sur le terrain, en étroite collaboration avec les institutions de recherche, en alignement avec les progrès scientifiques contemporains, ainsi qu’une mise à jour régulière des lois nationales. La ministre a souligné que cette dynamique était accompagnée de décisions structurelles, incluant l’intégration de la protection environnementale dans la Constitution par le biais de la reconnaissance du droit des citoyens à un environnement propre, ainsi que le redémarrage et la réhabilitation du Barrage vert en tant qu’élément clé dans la lutte contre la désertification. Cette démarche s’inscrit dans une perspective participative avec une composante socioéconomique destinée à atteindre un développement local durable.
Elle a également souligné l’importance d’engager la communauté nationale à l’étranger dans le soutien aux initiatives environnementales, annonçant le lancement imminent, en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères, représenté par le secrétariat d’État chargé de la communauté algérienne à l’étranger, du Forum des compétences algériennes en matière environnementale. Ce forum agira comme un mécanisme consultatif visant à aider les projets institutionnels écoresponsables grâce à une coopération entre chercheurs et experts de la communauté nationale.
Elle a aussi révélé l’ouverture imminente du tout premier Musée national de la biodiversité, situé à Alger, qui rassemblera le patrimoine biologique du pays.
Reconnaissance des initiatives de l’Algérie
Lors de cet événement, Messouda Baham Mohamed Laghdaf, la ministre mauritanienne de l’Environnement et du Développement durable, a mis en avant l’attachement de la Mauritanie à la biodiversité et à l’action collective internationale. Elle a salué ce qu’elle considère comme une « renaissance exceptionnelle » en cours en Algérie dans le secteur de la protection environnementale et la transition énergétique.
De son côté, le ministre tchadien de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, a accentué le fait que l’Algérie représente « un exemple en matière de biodiversité », rappelant que l’Algérie et le Tchad sont confrontés aux « mêmes défis liés au changement climatique », tout en valorisant la qualité des liens existant entre les deux nations sur le plan environnemental.
Pour sa part, l’émissaire du ministre italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique a souligné la nécessité de partager les expertises et d’intensifier la préservation de l’environnement et de la biodiversité en Méditerranée, considérés comme un héritage collectif.
Tatjana Hema, la coordonnatrice du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et du Plan d’action pour la Méditerranée (PAM), a de son côté souligné que le patrimoine environnemental algérien joue un rôle crucial dans l’espace méditerranéen. Elle a salué l’engagement des autorités algériennes en matière de préservation de la biodiversité, une action qu’elle juge comme « un levier essentiel de résilience climatique », surtout dans ce contexte où les écosystèmes subissent une pression grandissante due à l’exploitation excessive des ressources naturelles.
Par cette synergie entre réformes internes ambitieuses et partenariats internationaux consolidés, l’Algérie réaffirme sa position de pivot stratégique de la transition écologique en Méditerranée et sur le continent africain, transformant ses défis climatiques en leviers de développement durable.
Amira Benhizia
