Par Cheklat Meriem
Un décret exécutif récemment publié dans le Journal officiel n° 57 fixe les prix plafonds du café à la consommation ainsi que les marges bénéficiaires maximales applicables à l’importation, la distribution en gros et au détail. Ce décret, référencé sous le numéro 24-279, a été signé par le Premier ministre, Nadir Larbaoui, le 20 août. Il marque une étape importante dans la régulation des prix d’un produit largement consommé en Algérie, le café, dans un contexte de contrôle accru des prix des denrées de première nécessité.

Selon ce texte, les prix plafonds du café, toutes taxes comprises, sont désormais fixés à 1 250 DA le kilogramme pour le café de type « arabica », qu’il soit vert, torréfié ou moulu, et à 1000 DA le kilogramme pour le café de type « robusta », également sous ses différentes formes. Cette mesure vise à stabiliser le marché et à protéger les consommateurs contre les fluctuations excessives des prix.
Le décret précise également les marges bénéficiaires plafonds applicables à l’importation et à la distribution du café. Pour le café vert destiné à la revente en l’état, la marge bénéficiaire est plafonnée à 3 %, calculée sur la base de la valeur en douane du produit. Pour le café vert importé en vue de transformation (par exemple, en café torréfié ou moulu), la marge bénéficiaire est fixée à 4 % du prix de revient. Cette distinction vise à encourager la transformation locale du café, tout en contrôlant les marges pratiquées par les importateurs.
En complément, le décret impose aux services du ministère du Commerce de publier périodiquement les prix d’achat de référence du café vert sur les marchés internationaux. Ces informations doivent être rendues accessibles au public via les sites web officiels du ministère ou d’autres moyens appropriés, afin d’assurer la transparence et de permettre aux acteurs du marché de s’aligner sur ces prix de référence. Les opérateurs qui achètent le café vert à des prix supérieurs aux prix de référence doivent soumettre des pièces justificatives au comité de compensation, chargé d’évaluer la validité de ces écarts de prix.
Le décret précise également que les opérateurs concernés, qu’ils soient importateurs ou distributeurs, doivent communiquer les prix de vente du café à l’importation ainsi qu’aux stades de la distribution en gros et au détail. Cette obligation s’applique quel que soit le mode d’offre commerciale utilisé, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur.
Enfin, pour garantir la stabilité des prix à la consommation, le décret prévoit une compensation financière pour les importateurs de café vert. Cette compensation, allouée sur le budget de l’État, vise à compenser les éventuelles pertes subies par les importateurs en raison de la fixation des prix plafonds. Ce mécanisme de compensation est conçu pour Assurer que les prix plafonds fixés par le gouvernement soient effectivement respectés, tout en maintenant l’approvisionnement du marché en café de manière continue et à des prix accessibles pour les consommateurs.
