Mafia The Old Country : Un retour rafraîchissant vers les origines

Mafia est une licence culte, principalement grâce aux deux premiers épisodes, salués pour leur forte dimension narrative et leur inspiration cinématographique du genre mafieux. Ces jeux, loin des productions démesurées, se distinguaient par leur atmosphère intime et authentique. À l’inverse, Mafia III a pris un virage monde ouvert et action débridée, perdant en cohérence et en identité, ce qui lui a valu un accueil mitigé. Le remake du premier opus a cependant ravivé la flamme des fans, confirmant qu’un retour aux sources était attendu. C’est dans ce contexte que Mafia: The Old Country arrive, avec la mission difficile de faire oublier les erreurs passées tout en proposant du neuf.

Retour à l’esprit des origines
Développé par Hangar 13, ce nouvel épisode abandonne les excès de Mafia III pour revenir à une formule proche du premier jeu : changement de continent et atmosphère cinématographique assumée. La réalisation rappelle les grands noms du genre (Scorsese, De Palma, Coppola), avec des personnages et des codes familiers : le parrain charismatique (Don Torrisi), le mentor loyal, la tête brûlée, la fille du Don en quête de liberté, et l’outsider ambitieux, Enzo, orphelin recueilli par la famille.
L’histoire met en scène l’ascension d’Enzo dans la mafia sicilienne du début du XXe siècle, mêlant drame humain, traditions criminelles et romance. Si la trame reprend volontairement les clichés du genre, certaines séquences paraissent artificielles, comme conçues pour cocher des cases. Pourtant, le ton général reste soigné, avec un traitement cinématographique efficace.

La Sicile comme décor principal
L’action se déroule en Sicile, près d’un vignoble dominé par l’Etna, dans une ambiance lente et contemplative. Le jeu mise sur un rythme posé, avec des dialogues soignés, des plans travaillés et une bande-son instrumentale typique. Le choix de ce lieu et de cette époque est rare dans le jeu vidéo, ce qui renforce l’attrait initial. Les doublages (anglais, français, sicilien) et les animations faciales renforcent la crédibilité des personnages.
Cependant, cette lenteur devient un problème : le début est jugé trop long, les phases de gameplay rares et espacées, et le rythme global trop mou pour un jeu relativement court. L’intrigue peine à démarrer et ne trouve sa véritable intensité que dans le dernier acte, plus tendu et mieux rythmé, mais aussi très abrupt dans sa conclusion.

Un contenu limité et un faux open world
La durée de vie varie entre 10 et 15 heures, exploration incluse, mais celle-ci est réduite au minimum : la liberté de mouvement est souvent restreinte, et les objets à collecter n’ont pas de réel intérêt. Le jeu n’a clairement pas été conçu comme un monde ouvert, et ses tentatives en ce sens paraissent superflues. Néanmoins, la reconstitution de la Sicile est visuellement réussie : vignobles vallonnés, champs de lavande, villages typiques, ports de pêche et volcan majestueux donnent un vrai cachet artistique.

Un gameplay peu engageant
Là où Mafia 1 et 2 réussissaient à maintenir l’intérêt, The Old Country souffre d’objectifs peu passionnants et d’une progression prévisible. Le démarrage, basé sur des tâches banales (transporter des caisses, courses de chevaux), manque d’attrait ludique. Les combats à feu déçoivent : visée molle, IA peu réactive, manque de challenge en difficulté normale. Les ennemis sortent de leur couverture pour se faire abattre, et ceux qui possèdent l’édition deluxe disposent d’armes trop puissantes, cassant l’équilibre.
L’absence d’impact dans les tirs et la pauvreté des interactions environnementales font perdre de la vigueur à l’ambiance mafieuse. Même les combats rapprochés, pourtant prometteurs sur le papier, se limitent à des affrontements répétitifs et prévisibles. Les duels au couteau, amusants au début, deviennent vite monotones faute de variété.

Infiltration et level design basiques
L’infiltration, censée représenter une part importante du gameplay, est desservie par un level design prévisible et une IA peu crédible. Les ennemis restent statiques, facilitant le passage discret ou l’élimination silencieuse. Les mécaniques (couverture, jets d’objets pour distraire) sont minimalistes et rapidement lassantes.
Les phases plus dynamiques (courses-poursuites, infiltrations qui dégénèrent en fusillades) souffrent de répétition et de manque de créativité. Certaines idées séduisantes sont recyclées jusqu’à l’usure.

Un dernier acte plus réussi
Malgré ses défauts, le jeu parvient à captiver dans sa dernière partie : tension narrative accrue, rythme maîtrisé, enjeux scénaristiques plus forts. C’est ce qui donne envie de persévérer, même si l’on regrette qu’il faille attendre plusieurs heures pour atteindre ce niveau.

En résumé, Mafia: The Old Country réussit son retour à l’esprit des origines sur le plan de l’atmosphère, grâce à une reconstitution sicilienne soignée et une réalisation cinématographique inspirée. Cependant, son rythme trop lent, son gameplay limité, son IA faible et son manque de variété empêchent l’expérience d’atteindre le niveau espéré. Le jeu plaira aux amateurs d’ambiance et de narration mafieuse, mais risque de frustrer ceux en quête de mécaniques profondes et de rythme soutenu. Le dernier acte sauve partiellement l’ensemble, mais ne compense pas complètement un démarrage poussif et un contenu globalement trop restreint.

ALGER 16 DZ

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