
Aussi appelé « hormone du stress », le cortisol joue un rôle central dans l’équilibre énergétique de l’organisme. Sécrété par les glandes surrénales en réponse à un stress physique ou émotionnel, il prépare le corps à faire face à une situation de danger en mobilisant rapidement l’énergie disponible, dans une logique de « lutte ou fuite ». Mais comment agit-il exactement sur le sucre sanguin ? Et peut-il, à long terme, contribuer à l’apparition d’un diabète ?
Le cortisol est une hormone stéroïdienne produite par les glandes surrénales, en réponse au stress, qu’il soit physique ou émotionnel, d’où son surnom d’hormone du stress. Elle a pour objectif de préparer le corps à faire face au danger, en mobilisant rapidement de l’énergie pour alimenter les muscles et le cerveau dans une logique de ‘lutte ou fuite’.
Les multiples rôles du cortisol
Le cortisol est produit via l’activation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS), qui coordonne la réponse au stress. Cette hormone :
Augmente la glycémie, en mettant à disposition du glucose pour les muscles et le cerveau ;
Stimule la dégradation des graisses et des protéines, afin de libérer des ressources énergétiques ;
Exerce un puissant effet anti-inflammatoire, en freinant la production de cytokines pro-inflammatoires et l’activité de certaines cellules immunitaires ;
Contribue à la régulation de la pression artérielle, en renforçant l’action de l’adrénaline et de la noradrénaline ;
Suit un rythme circadien : sécrété en grande quantité le matin pour favoriser l’éveil, il diminue progressivement au cours de la journée pour préparer au sommeil.
Pourquoi le cortisol fait-il monter la glycémie ?
En situation de stress, le cortisol vise avant tout à fournir du carburant rapidement disponible : le glucose. Son action hyperglycémiante repose sur plusieurs mécanismes complémentaires :
Néoglucogenèse hépatique : le foie produit du glucose à partir d’acides aminés.
Glycogénolyse hépatique : le glycogène stocké dans le foie est dégradé en glucose et libéré dans le sang.
Lipolyse et protéolyse : les graisses et protéines sont dégradées pour préserver le glucose au profit du cerveau.
Résistance transitoire à l’insuline : les tissus deviennent moins sensibles à l’insuline, ce qui garantit que le sucre reste disponible pour les organes vitaux.
Ces mécanismes sont bénéfiques à court terme : ils assurent la survie lors d’une menace. Mais si le stress devient chronique, leurs effets peuvent s’avérer délétères.
Stress chronique et diabète : quel lien ?
Une exposition prolongée au stress entraîne une sécrétion élevée et répétée de cortisol, ce qui peut :
Maintenir la glycémie à des niveaux élevés ;
Favoriser une résistance à l’insuline persistante ;
Sur le long terme, contribuer à l’installation d’un diabète de type 2.
Des données scientifiques appuient ce lien. Une étude menée en Suède en 2013 a montré que les personnes vivant un stress permanent avaient 45 % plus de risque de développer un diabète que celles sans stress déclaré. En 2017, une autre étude a confirmé cette tendance chez les femmes soumises à un stress professionnel chronique, mettant en évidence une augmentation notable de l’incidence du diabète de type 2.
Le cortisol : une hormone à double visage
Le cortisol est donc indispensable : il nous aide à réagir face au danger, à gérer l’inflammation et à maintenir l’équilibre métabolique. Mais en excès, il devient un facteur de déséquilibre. Comme le souligne une endocrinologue-diabétologue : « Ce n’est pas le cortisol ponctuellement élevé qui pose problème, mais bien son élévation chronique, reflet d’un stress permanent auquel l’organisme n’a plus le temps de s’adapter ».
