
Dans un contexte économique en pleine transformation, l’Algérie attire une attention croissante sur ses perspectives de croissance et de mutation structurelle. La présentation de la deuxième édition de la CEO Survey, une étude donnant la parole aux dirigeants d’entreprises algériens, met en lumière des tendances significatives sur la perception de l’économie nationale. Pour en décrypter les principaux enseignements et analyser les signaux qu’elle envoie sur l’avenir économique du pays, Alger16 a échangé avec Karim Saci, directeur associé de PwC.
Entretien réalisé par Abir Menasria
Alger 16 : Qu’est-ce que la CSRV ?
Karim Saci : La CSRV, c’est une enquête de perception lancée au niveau international par le cabinet PwC, destinée aux décideurs économiques. Elle est présentée chaque année en introduction du forum économique mondial de Davos. Cette enquête est importante parce qu’elle permet de mesurer le pouls des opérateurs et des décideurs économiques algériens.
Sur quels éléments s’est basée cette étude et quelles en sont les principales conclusions ?
Nous avons interrogé un panel représentatif d’entreprises majeures opérant en Algérie. Les résultats mettent en évidence plusieurs enseignements forts : une ambition affirmée des dirigeants, une tolérance élevée au risque, ainsi qu’une réelle capacité d’innovation. Ces éléments traduisent une dynamique entrepreneuriale en pleine évolution.
Quelle est la perception des dirigeants concernant l’évolution de l’économie ?
Les indicateurs sont particulièrement encourageants. Environ 83 % des dirigeants anticipent une amélioration de l’économie au cours des douze prochains mois, un niveau largement supérieur à la moyenne mondiale. Par ailleurs, plus de 90 % d’entre eux se déclarent confiants quant à la croissance de leurs propres entreprises.
Que remarque-t-on au cours de cette édition en la comparant à la précédente ?
Nous remarquons que nous avons une tendance qui est haussière, donc nous avons des chiffres qui sont beaucoup plus rassurants qu’il y a deux ans. Des chiffres qui étaient déjà bons à ce moment-là. Mais cela dénote une chose, c’est que nous allons dans le bon sens, que les politiques publiques adoptées sont plutôt bien mises en œuvre par les opérateurs et donc commencent à apporter leurs fruits.
Comment sera l’Algérie en 2030 ? Que dénotent les chiffres rassurants de cette édition concernant les politiques publiques ?
L’Algérie en 2030, ce sera un pays souverain, un pays qui consolidera sa souveraineté, un pays qui constituera un fournisseur fiable, un fournisseur puissant, pas uniquement de matières premières, mais aussi de produits finis à base d’énergie verte, et qui en fera des principaux fournisseurs mondiaux de produits à forte valeur ajoutée.
Où se situe aujourd’hui l’Algérie sur le plan économique ?
Nous assistons à une phase de transition importante. L’Algérie n’est plus uniquement dans une logique d’intention ou de projection : les effets des réformes engagées commencent à se matérialiser. Le pays évolue progressivement d’une logique de rattrapage vers une dynamique de convergence avec les économies émergentes et, à terme, avec certains standards internationaux.
A. M.
