
Lors d’une séance à l’Assemblée populaire nationale (APN), tenue jeudi dernier, le ministre de l’Hydraulique, M. Lounès Bouzegza, a mis en évidence le rôle crucial des importants transferts hydrauliques dans la stratégie nationale d’approvisionnement en eau potable et d’amélioration du service public de l’eau.
Lors d’une séance plénière consacrée aux questions orales, présidée par Ibrahim Fakhour, vice-président de l’APN, en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Mme Nadjiba Djilali, ainsi que d’autres membres du gouvernement, M. Bouzegza a affirmé que » les grands transferts réalisés en Algérie traduisent concrètement la politique hydrique rationnelle adoptée par les hautes autorités du pays, fondée sur le principe de solidarité hydrique entre les wilayas, à travers le transfert des eaux des régions les plus abondantes vers les régions les moins pourvues ».
Dans cette optique, le ministre a souligné l’importance du projet de transfert d’eau du système du Chott El-Gharbi, qui vise à optimiser le service public de l’eau pour les wilayas de Naâma, Sidi Bel Abbès et Tlemcen. Il a précisé que ce projet est actuellement partiellement opérationnel, en attendant la finalisation complète des travaux, notamment la mise en service du centre de télégestion et l’équipement de certains forages. Ce projet «stratégique » alimente 15 communes des trois wilayas concernées.
Par ailleurs, il a indiqué qu’une étude est actuellement en cours afin d’examiner la possibilité d’élargir le nombre de communes bénéficiaires dans la wilaya de Naâma. Il a précisé que cette étude devrait être achevée d’ici juillet prochain, à l’issue de laquelle l’inscription de nouveaux projets pourrait être proposée.
Le ministre a également souligné que le secteur de l’Hydraulique a développé une stratégie visant à interconnecter les barrages afin de garantir une gestion plus efficace et rationnelle des réserves nationales en eau de surface. Il a précisé que l’étude globale actuellement menée par l’Agence nationale des barrages et transferts (ANBT) pourrait déboucher sur la proposition de plusieurs projets dans ce sens, en fonction de la disponibilité des conditions techniques requises.
En réponse à une question concernant la mise en œuvre du programme complémentaire dont a bénéficié la wilaya de Djelfa dans le domaine de l’hydraulique, il a indiqué que la wilaya a bénéficié de 20 opérations sur 56 projets, pour un budget total dépassant 13 milliards de dinars.
Parmi ces projets, cinq ont été entièrement achevés, tandis que 14 autres affichent un taux d’avancement supérieur à 80 %. Ces réalisations ont contribué à une amélioration notable de l’approvisionnement en eau potable dans plusieurs communes, a-t-il ajouté.
En ce qui concerne la protection des villes contre les risques d’inondations, le ministre a assuré que les projets d’aménagement des oueds et des cours d’eau, incluant leur élargissement et la correction de leur tracé, s’inscrivent dans l’approche adoptée par le secteur pour améliorer la qualité de vie des citoyens.
Il a précisé que cette démarche comprend notamment l’identification des zones exposées aux risques d’inondation, l’évaluation du niveau de menace pour chaque zone, ainsi que l’élaboration de mesures à intégrer dans les plans locaux de prévention et de protection.
Au-delà des chiffres et des projets en cours, le ministère de l’Hydraulique dessine une vision plus large : celle d’un réseau national de l’eau totalement interconnecté, capable de réduire les déséquilibres régionaux et d’anticiper les tensions futures liées au stress hydrique. Une architecture technique ambitieuse, mais dont la réussite dépendra autant de l’ingénierie que de la capacité à tenir le rythme des réalisations sur le terrain.
Amira Benhizia
