Arab Metal compte s’installer à Médéa : Une méga-usine de pièces détachées bientôt en Algérie

Le géant égyptien Arab Metal a officiellement obtenu l’autorisation d’implanter une méga-usine dédiée à la fabrication de pièces de rechange automobiles et motos à Médéa, selon un communiqué de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) publié mercredi dernier.

Le secteur automobile algérien fait face à une pression croissante liée à l’augmentation de la demande, poussant les pouvoirs publics à accélérer les politiques de soutien à la sous-traitance industrielle et à la production locale. L’objectif est clair : renforcer la fabrication de moteurs, de pièces détachées et de véhicules assemblés, tout en réduisant la dépendance aux importations et en avançant vers une plus grande autonomie industrielle.
Dans ce cadre, Arab Metal a donc reçu le feu vert pour concrétiser son projet industriel à Médéa, sur un terrain d’une superficie de 1,6 hectare, confirmant l’intérêt croissant des investisseurs étrangers pour le marché algérien.
Présente en Algérie depuis 2012, l’entreprise s’était d’abord spécialisée dans le secteur des métaux non ferreux, notamment la fusion du cuivre et la production de fils, barres et alliages destinés aux industries du câble électrique et des télécommunications.
Selon l’AAPI, cette activité couvrait une part importante des besoins du marché local, permettant de générer des économies estimées à environ 100 millions de dollars par an grâce à la substitution des importations.
Par la suite, Arab Metal a obtenu un terrain industriel à Oued Harbil, à 17 km à l’ouest de Médéa, pour développer un complexe de grande envergure, entré en production en mars 2026 avec une capacité de 32 000 tonnes par an et un fort taux d’intégration locale, renforçant ainsi les capacités nationales dans les produits à base de cuivre et leurs alliages.
Dans la continuité de cette expansion, l’entreprise a également lancé un projet de production de barres d’aluminium à Médéa, destiné à répondre à la demande croissante du marché local et à consolider davantage son implantation industrielle en Algérie.

Une dynamique économique réelle
Il est pertinent de noter que les projets déjà opérationnels d’Arab Metals à Oued Harbil ont permis la création de 160 emplois directs, consolidant progressivement un tissu industriel local dans le secteur métallurgique et mécanique. Avec le nouveau complexe dédié aux pièces détachées automobiles à Médéa, l’entreprise ambitionne désormais de franchir un cap supplémentaire, avec la création annoncée de dizaines d’emplois supplémentaires, notamment dans l’ingénierie, l’exploitation et la logistique. Une dynamique qui élargit mécaniquement les débouchés professionnels dans les métiers de la mécanique et des industries connexes.
Sur le plan économique, l’impact est déjà tangible. Les anciennes unités du groupe ont contribué à réduire la facture d’importation du cuivre d’environ 100 millions de dollars par an. Le futur site de pièces détachées devrait prolonger cet effet en limitant les importations dans un segment particulièrement sensible du marché automobile. Dans un contexte où les politiques publiques encouragent la substitution aux importations, chaque production locale représente un gain direct en devises et les experts estiment qu’une couverture même partielle de la demande nationale pourrait générer des économies annuelles de plusieurs dizaines de millions de dollars.
Mais le projet ne se déploie pas sans contraintes. L’approvisionnement en matières premières, l’exigence d’un taux élevé d’intégration locale et la nécessité de rester compétitif face aux produits importés constituent des défis majeurs. Pour les observateurs du secteur, la réussite dépendra autant de la capacité industrielle que de la structuration d’un écosystème local de sous-traitance et de fournisseurs fiables.
Dans ce contexte, l’initiative d’Arab Metal s’inscrit dans une logique plus large de renforcement de la confiance des investisseurs étrangers dans le marché algérien. Elle souligne aussi la nécessité d’une coordination étroite entre acteurs publics et privés pour sécuriser la chaîne de production et créer un environnement industriel stable et performant.
Au-delà des annonces, ce projet illustre une trajectoire claire : celle d’une industrialisation progressive visant à réduire la dépendance aux importations et à bâtir une chaîne de valeur locale plus autonome. Son succès dépendra de sa mise en œuvre concrète, mais aussi de la capacité à structurer durablement les compétences, les fournisseurs et les outils de production. Si ces conditions sont réunies, le secteur pourrait entrer dans une phase de consolidation réelle, avec des effets directs sur l’emploi, la disponibilité des pièces et l’équilibre de la balance commerciale.
Abir Menasria

ALGER 16 DZ

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