Oulha Souha Saadia. actrice et comédienne, à ALGER 16: «Croyez en vous, votre heure viendra»

Oulha Souha Saadia est une actrice et comédienne algérienne, née en Algérie. Elle s’est fait connaître pour ses rôles marquants dans le théâtre, le cinéma et la télévision algérienne. Passionnée d’art dès son jeune âge, elle a été influencée par un environnement familial propice à la créativité, notamment grâce à son oncle maternel et son père qui écrivait des pièces de théâtre et l’encourageait dans ses activités artistiques.

Entretien réalisé par Cheklat Meriem

Qu’est-ce qui vous a motivée à vous lancer dans le métier d’actrice ?
Depuis mon enfance, j’ai toujours été une artiste dans l’âme. J’étais une rêveuse, fredonnant des chansons et essayant de jouer comme mes actrices préférées de l’époque. Petit à petit, j’ai commencé par le théâtre amateur à l’école. Mon père m’a beaucoup aidée, il écrivait mes petites pièces de théâtre et enregistrait mes performances sur cassette. Mon rêve était de chanter devant un grand public et de jouer dans les plus grands films et théâtres. J’étais particulièrement motivée par la manière dont les gens appréciaient ce que je faisais, cet échange d’émotions était très stimulant.

Comment avez-vous décroché votre premier rôle et quelles étaient vos impressions à ce moment-là ?
J’ai commencé le théâtre professionnel assez tard, à l’âge de 24 ans. Un jour, lors d’un festival international, des responsables de la télévision algérienne m’ont remarquée. C’est à ce moment-là que le grand Reda Laghouati m’a contactée pour me proposer un rôle dans un grand feuilleton. Ce fut une expérience exceptionnelle pour moi. J’étais chanceuse de commencer ma carrière aux côtés de grands acteurs algériens tels que Bahia Rachdi, Hamid Remas, Lahbi Arhamo, Rania Sirouti, Mustafa Laaribi, Malika Belbay, et bien d’autres.

Y a-t-il une formation ou une expérience particulière qui a marqué votre évolution en tant qu’actrice ?
Au cours de ma carrière, j’ai eu l’occasion de suivre de nombreuses formations avec des formateurs algériens et étrangers. Chaque formation a été exceptionnelle, et ce qui la rendait encore plus enrichissante, c’était l’aspect humain et les rencontres qu’elles ont permises. Ma dernière formation a été aux Cours Florent, en collaboration avec l’agence Woojoh et l’Institut français.

Quel a été le rôle le plus difficile que vous ayez interprété et pourquoi ?
Dans ma carrière, j’ai incarné de nombreux personnages différents, mais l’un des rôles les plus marquants a été celui de Zoubida Ould Kablia, surnommée Saliha, notre martyre. Incarner un personnage historique est le rêve de tout comédien dans le monde. Ce rôle a été une lourde responsabilité pour moi. Je ne cherchais pas à lui ressembler exactement, mais à lui rendre hommage. À travers mon jeu, je voulais lui dire «merci» pour avoir donné sa vie pour ma liberté et celle de mon pays.

Avez-vous déjà refusé un rôle ? Si oui, pour quelles raisons ?
Oui, il arrive qu’un comédien refuse un rôle pour diverses raisons : parfois à cause de la disponibilité, d’autres fois en raison du projet ou du personnage lui-même, qui ne correspond pas à la direction qu’il veut donner à sa carrière. J’ai donc déjà refusé des rôles par le passé.

Comment préparez-vous vos rôles ? Avez-vous une méthode de travail spécifique ?
L’art, la comédie, la musique, la peinture sont des métiers qui nécessitent rigueur et discipline. Ce n’est pas juste un divertissement, mais un véritable travail. Cela demande des heures, des jours, des mois de répétition, et surtout des années de formation. Personnellement, lorsque je reçois un scénario, je commence par le lire trois fois pour bien le comprendre. Ensuite, je dépouille le texte et j’étudie la psychologie de mon personnage : ses émotions, ses relations avec les autres personnages. Puis, je répète seule et avec les autres comédiens avant de finaliser le tout avec le metteur en scène.

Quels sont les plus grands défis auxquels une actrice algérienne doit faire face aujourd’hui ?
Chaque actrice a ses propres défis. Cependant, les défis communs sont similaires à ceux auxquels toutes les femmes sont confrontées, en particulier les femmes algériennes. Il faut savoir travailler sur son image, maintenir une bonne relation avec son public, et surtout savoir équilibrer sa vie professionnelle et personnelle. En tant qu’actrice, on ne travaille pas de 8h à 17h, on travaille tout le temps, souvent dans d’autres villes et pays. Il faut donc avoir un mental d’acier et réussir à gérer sa vie personnelle de mère, de sœur et de femme.

Comment décririez-vous l’état actuel du cinéma en Algérie ?
Il est vrai qu’il y a eu une évolution dans le monde cinématographique et audiovisuel en Algérie ces dernières années. Cependant, beaucoup de choses restent à faire. Il manque une véritable stratégie pour développer une industrie cinématographique structurée, que ce soit en matière de formation ou de production, entre autres.

Pensez-vous que le cinéma algérien a suffisamment de reconnaissance à l’international ?
Bien que ces dernières années, de nombreux films algériens aient connu un grand succès dans des festivals internationaux, ce n’est pas suffisant. Nous avons besoin d’une véritable industrie cinématographique. Notre pays est riche de son histoire et a beaucoup d’histoires à raconter.

Quelles améliorations aimeriez-vous voir dans l’industrie cinématographique en Algérie ?
Je souhaiterais voir davantage d’investissements dans la formation, la production, et la structuration de l’industrie cinématographique en Algérie. Il est essentiel de créer des infrastructures solides et d’accompagner les talents pour que le cinéma algérien puisse atteindre un véritable rayonnement international.

Selon vous, quelles sont les opportunités qu’offrent les plateformes de streaming
aux acteurs et réalisateurs algériens ?
Bien que nous n’ayons pas encore totalement adopté la mentalité du streaming dans notre domaine, il représente une excellente opportunité. Cela permet aux réalisateurs, et notamment aux jeunes talents, de se tourner vers la production de séries et de courts-métrages pour participer à une nouvelle dynamique.

Vous êtes engagée dans des projets environnementaux comme algerievertecollectif et aninature.dz, Comment alliez-vous votre carrière artistique et votre engagement écologique ?
C’est un sujet qui me touche particulièrement. Depuis un an ou deux, je n’ai pas pu m’engager autant que je le souhaiterais, mais j’ai l’intention de reprendre bientôt. L’écologie est une passion et un combat. De plus, en ce qui concerne ma marque de cosmétiques naturels, je compte m’investir à nouveau. Ce qui me manque le plus, c’est le contact direct avec les matières premières, choisir les plantes et leur apporter mon énergie pour créer des produits bénéfiques pour notre bien-être.

Quels sont vos projets à venir, que ce soit dans le cinéma ou dans d’autres domaines?
Cette année, je suis absente durant le mois sacré car j’ai décidé de me concentrer davantage sur mes projets cinématographiques. Je vais prochainement commencer le tournage d’un long-métrage, un film d’auteur réalisé par un grand réalisateur algérien. Par ailleurs, j’ai toujours soif de savoir et de formation. Ces dernières années, j’ai étudié la programmation neuro-linguistique (PNL) et je travaille actuellement en tant que neuro-consultante.

Avez-vous déjà envisagé de passer derrière la caméra en tant que réalisatrice ou productrice ?
Peu de gens savent que j’ai déjà travaillé derrière la caméra depuis 10 ans en tant que chargée de production. En 2018, j’ai réalisé un court-métrage en Tunisie. Je pense à la réalisation, mais pas pour le moment. Chaque métier a besoin d’une formation approfondie, et je souhaite d’abord me former davantage avant de me lancer.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes talents qui souhaitent percer dans le milieu du cinéma en Algérie ?
Je leur dirais : croyez en vous, en votre étoile. Tracez votre chemin, élaborez une stratégie à court, moyen et long terme, soyez rigoureux et ne baissez pas les bras. Cherchez l’information, formez-vous, et votre heure viendra.
Ch. M.

ALGER 16 DZ

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