
L’idée que le stress peut accélérer l’apparition des cheveux blancs est ancrée dans l’imaginaire collectif. Mais cette croyance est-elle fondée ? Existe-t-il un lien scientifique prouvé entre le stress et le grisonnement des cheveux ? Examinons ensemble les recherches disponibles pour démêler le vrai du faux et comprendre l’impact réel du stress sur la couleur de nos cheveux.
Pourquoi nos cheveux deviennent-ils blancs ?
L’apparition de cheveux blancs est un phénomène naturel qui accompagne le processus de vieillissement. Ce phénomène, appelé canitie, débute souvent autour de la trentaine et résulte d’une diminution progressive de la production de mélanine, le pigment responsable de la couleur des cheveux, par les mélanocytes. La nuance des cheveux est déterminée par la proportion de deux types de mélanine : l’eumélanine, de teinte foncée, et la phéomélanine, plus claire. Avec l’âge, le nombre de mélanocytes diminue, ce qui entraîne un blanchiment progressif des cheveux.
Par ailleurs, la synthèse du peroxyde d’hydrogène, sous-produit naturel de la croissance capillaire, joue un rôle clé. Normalement dégradé par l’enzyme catalase, ce composé réactif peut, avec le temps, s’accumuler en raison d’une baisse de la catalase, provoquant la dégradation de la mélanine. Dans certains cas, cependant, la canitie peut survenir de façon précoce, indépendamment de l’âge.
« Se faire des cheveux blancs » : le stress agit-il sur la pigmentation des cheveux ?
Selon la légende, Marie-Antoinette aurait vu ses cheveux blanchir en une nuit avant sa décapitation, un épisode souvent cité pour illustrer l’impact du stress sur la couleur des cheveux. Bien que cet exemple soit discutable, des recherches récentes ont montré que, dans certaines conditions, le stress peut effectivement favoriser l’apparition de cheveux blancs.
Les mécanismes exacts restent encore en partie inexpliqués, mais plusieurs hypothèses sont avancées. La croissance capillaire, un processus énergétique complexe, dépend des mitochondries et de signaux hormonaux, notamment ceux du cortisol, l’hormone du stress. Une exposition prolongée au stress pourrait altérer les protéines et molécules présentes dans les cheveux en croissance.
Une autre théorie implique la réponse « combat-fuite », qui entraîne une production accrue d’adrénaline. Cette hormone, en se liant aux récepteurs des mélanocytes, pourrait provoquer un relargage massif de mélanine, suivi d’un arrêt de leur activité. Ce mécanisme expliquerait pourquoi le stress pourrait causer une perte prématurée de pigmentation.
Stress et cheveux blancs : un phénomène réversible ?
Si le stress fait blanchir les cheveux, peut-on espérer retrouver sa couleur naturelle ? Dans certains cas, la réponse est oui. Des chercheurs ont observé une repigmentation spontanée chez plusieurs individus après une période de stress intense. Ce processus peut être rapide, avec une recoloration atteignant environ 28% par jour.
Cette repigmentation serait due à l’activation de cellules immatures, comme les mélanoblastes, capables de migrer vers les follicules pileux pour produire de la mélanine.
Pour prévenir l’apparition de cheveux blancs liée au stress, il est conseillé d’adopter un mode de vie sain : pratiquer une activité physique régulière, entretenir des relations sociales positives, éviter les substances nocives, et veiller à un sommeil de qualité. Des techniques comme le yoga ou la méditation peuvent également contribuer à réduire le stress et à préserver la pigmentation naturelle des cheveux.
