Kamel Moula, Président du Conseil du Renouveau économique Algérien (CREA), à Alger16 :«l’Algérie est aujourd’hui : Une porte d’entrée sur l’Afrique»

L’IATF 2025, qui se déroule à Alger, est la plus grande plateforme panafricaine dédiée au commerce et à l’investissement. Elle réunit des milliers d’acteurs économiques pour dynamiser les échanges intra-africains et accélérer l’intégration continentale. Dans ce cadre, Kamel Moula, président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), joue un rôle clé dans la promotion du secteur privé et l’ouverture de l’économie nationale vers l’Afrique. Algérie16 a eu l’honneur d’échanger avec lui sur les enjeux et les perspectives de cette édition historique.

Entretien réalisé par G. Salah Eddine

C’est la 4e édition de l’IATF. Après l’Égypte et l’Afrique du Sud, qui sont parmi les économies les plus performantes du continent, c’est au tour de la troisième puissance économique africaine d’organiser cet événement d’une envergure économique capitale. Dites-nous comment se déroule cette édition et quel est votre commentaire sur son importance ?
Jusqu’à présent, cette édition est une réussite. Je pense que ça intervient dans un contexte particulier, il faut le reconnaître. Récemment, plus de 800 milliards de dollars provenant des Émirats ont été injectés dans le continent africain, mais ce sont les étrangers qui en bénéficient, et non les Africains.
Aujourd’hui, j’ai d’abord constaté la présence d’un grand nombre d’opérateurs économiques africains, impressionnés par la qualité des produits algériens. Ensuite, notre objectif est de les sortir du cadre des seules expositions, car le produit algérien ne doit pas se limiter aux foires : il doit être découvert à la source, dans les usines, mais aussi à travers une immersion dans la capitale et d’autres régions du pays. C’est pourquoi, au-delà d’un programme strictement économique, nous leur proposons également un programme touristique, car l’Algérie, ce n’est pas seulement Alger, c’est aussi Oran et Constantine. Nous avons conçu un dispositif global, économique et touristique, afin de promouvoir l’image de l’Algérie.

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a fait un grand focus lors de son discours d’ouverture sur l’unité africaine. Un commentaire ?
Oui, c’est un message fort de la part du président de la République : les Africains doivent être unis afin que les échanges commerciaux intra-africains connaissent une véritable progression. C’est une ambition que nous pouvons concrétiser. Ce message rejoint les propos qu’il a tenus sur la complémentarité entre les pays africains, un domaine dans lequel l’Algérie peut jouer un rôle central. Oui, l’Algérie est aujourd’hui une porte d’entrée sur l’Afrique, mais il faut aussi changer les mentalités : comment se fait-il que nous achetions le café produit en Afrique… depuis l’Europe ? Ce sont ces incohérences qu’il faut corriger.

Comment doit-on s’y prendre concrètement ?
Ça passe par la création de liens commerciaux directs entre pays africains. La dynamique actuelle doit marquer le point de départ d’une nouvelle ère dans les relations africaines, qui ne doivent pas être seulement commerciales. Il ne s’agit pas simplement de s’échanger des produits, mais aussi de stimuler les investissements croisés entre pays africains. De nombreux États ont déjà atteint un niveau élevé d’intégration industrielle et disposent de véritables expertises. Il faut désormais bâtir des relations solides, où la main-d’œuvre et le savoir-faire africains seront valorisés, au lieu de se tourner systématiquement vers les marchés étrangers ou européens.

Ce que vous décrivez laisse entendre que l’Algérie pourrait jouer un rôle moteur dans l’affirmation d’une souveraineté africaine globale. Cette 4e édition, centrée sur l’innovation et le développement, pourrait-elle ouvrir la voie vers une indépendance souveraine intégrée, qui engloberait le politique, le commercial et l’économique ?
Sur cette question, l’Algérie a déjà pris le chemin de la valorisation des produits locaux. Nous sommes engagés dans une stratégie de stimulation du produit national et cette même logique peut s’appliquer à l’échelle continentale pour encourager la production locale africaine. C’est une vision qui, au-delà du seul cadre algérien, pourrait inspirer une stratégie africaine commune de production et de développement.

Des accords ou des partenariats concrets ont-ils déjà émergé de cette édition ?
Pour l’instant, il est impossible d’avancer des chiffres précis. Nous en sommes aux débuts, il serait prématuré de donner des estimations chiffrées. Les résultats viendront en fin de semaine et surtout avec le temps sur le long terme. Les travaux viennent de commencer. Nous ne voulons pas céder à une logique d’annonces spectaculaires ou de chiffres approximatifs : ce qui compte, c’est de travailler sur le terrain, de bâtir des bases solides et d’inscrire cette coopération dans la durée.
G. S. E.

ALGER 16 DZ

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