
La scoliose est une déformation plus ou moins prononcée de la colonne vertébrale. Souvent provoquée par une mauvaise posture, elle concerne surtout les individus âgés de 10 à 16 ans. Comment la reconnaître, la traiter voire l’éviter ?
Les symptômes de la scoliose
Il est assez difficile de déceler la présence d’une scoliose bénigne, pourtant sa forme la plus courante. C’est en observant votre enfant ou votre adolescent que vous pouvez soupçonner une scoliose. En effet, la scoliose se trahit par un changement de posture :
ses épaules ne sont pas à la même hauteur lorsqu’il se tient droit
il se plaint de temps à autre de douleurs dorsales
son corps semble pencher davantage d’un côté
un de ses hanches ressort plus que l’autre, etc.
Pour confirmer ou non la présence d’une scoliose, il faut consulter un médecin qui effectuera un examen physique puis des radios de la colonne vertébrale.
La prévention
Contrairement aux idées reçues comme quoi un cartable trop lourd entraînerait une scoliose, elle ne peut pas être réellement évitée. Même constat pour des ados qui seraient tout le temps avachis ou qui porteraient leur sac sur une seule épaule. En effet, la responsable de la scoliose est l’épiphyse, glande présente dans le cerveau, qui dysfonctionne.
Néanmoins, si vous savez que l’enfant a une prédisposition aux maux de dos, essayez de lui faire pratiquer des activités lui permettant de se muscler le dos et les abdominaux, pour adopter une posture solide.
Le traitement
Le port d’un corset est de plus en plus délaissé au profit de séances de kiné ou de méthodes naturelles. Par exemple, on préconise la pratique de la natation plusieurs fois par semaine pour renforcer le dos et la ceinture abdominale.
Bien entendu, si votre enfant se plaint trop souvent d’être écrasé par son sac, prenez-lui un cartable à roulettes le temps qu’il se muscle, ou arrangez-vous avec ses camarades pour se partager les manuels. L’orthoprothésiste, nous explique comment dépister et suivre la scoliose qui touche 30 % des enfants en monde, afin de limiter les complications.
- Pourquoi docteur : De nos jours, la scoliose représente un véritable enjeu de santé publique. Avez-vous observé une hausse des cas chez les enfants ces dernières années ?
La pandémie a eu un impact sur le dépistage et le suivi des scolioses. J’ai constaté que les cas chez les enfants se sont aggravés après les confinements, cela entraîne une perte de chance pour les jeunes patients. Actuellement, la scoliose concerne en moyenne 0,5 à 2 % des 8-15 ans et les filles sont huit fois plus touchées que les garçons.
Quelles sont les causes ?
Pour rappel, il s’agit d’une déformation tridimensionnelle de la colonne vertébrale, c’est-à-dire qu’elle affecte les trois plans de l’espace : de face, de profil et en transversal. Elle survient pendant la croissance et est évolutive.
À ce jour, la scoliose est dite idiopathique. Cela signifie qu’aucune cause n’a été trouvée et associée à sa survenue. Ainsi, contrairement à ce que l’on peut penser, elle n’est pas provoquée par une mauvaise position. Actuellement, plusieurs pistes génétiques et héréditaires sont étudiées.
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Scoliose : le dos « se met à tourner comme un escalier en colimaçon »
Comment les parents peuvent-ils repérer une scoliose ?
En général, cette déviation est asymptomatique. En clair, les patients ne se plaignent de rien, car elle ne déclenche pas de douleurs. En cas de scoliose, le dos ne fait pas un « S », mais il se met à tourner comme un escalier en colimaçon. Cette déformation n’est pas visible lorsque l’enfant est debout ou marche.
Pour la dépister, il convient d’inspecter le dos de sa fille ou de son fils à l’aide de l’application ScolioEye. En pratique, les parents doivent demander à leur enfant de se tenir debout, de joindre ses bras puis de se pencher vers l’avant, tête en bas et jambes tendues. Si une asymétrie est observée, ils doivent emmener le jeune patient chez un professionnel de santé.
À quel âge commence le dépistage de la scoliose ?
Le suivi et l’observation du dos d’un patient se font tout au long de son enfance. Mais les deux moments charnières correspondent au pic de croissance à l’âge de 6-7 ans et à la puberté. En général, ce sont le médecin traitant et le pédiatre qui sont aux premières loges. Ils confirment le diagnostic aux parents et les orientent ensuite vers un spécialiste.
« On ne guérit pas une scoliose »
Quelles méthodes permettent de limiter les complications chez les enfants ?
On ne guérit pas une scoliose. En revanche, il est possible de limiter son évolution si la déviation est évolutive. La prise en charge de cette déformation consiste souvent à porter un corset pour maintenir la colonne vertébrale durant la nuit, les temps extrascolaires ou pendant 23 ou 24 heures. Ce traitement orthopédique est associé à la rééducation. En cas d’échec ou d’aggravation de la scoliose, on a recours à la chirurgie, dont le but est de corriger les déformations du rachis à l’aide de tiges en métal fixées aux vertèbres.
Quelles sont les conséquences d’une scoliose non-traitée ?
Le principal impact de la scoliose est esthétique. Cependant, à l’âge adulte, elle peut causer des douleurs au niveau du dos, car les vertèbres ne sont pas bien empilées les unes sur les autres. Résultat : une tension se présente dans les disques. En cas de formes sévères, cette déviation peut être responsable de problèmes respiratoires, car les vertèbres sont reliées à la cage thoracique.
