
À l’occasion de la 28ᵉ édition du Salon international du livre d’Alger (Sila 2025), l’Agence nationale d’édition et de publicité (ANEP) participe une fois encore à cet événement phare du monde du livre. Présente depuis la première édition, l’ANEP entretient avec le Sila une relation solide et durable, marquée par une même volonté de promouvoir la lecture et la culture en Algérie. Nous avons rencontré M. Hassan Gherab, conseiller pour l’édition et chargé de communication à l’ANEP, qui revient sur cette participation, les défis du secteur et la vision de l’agence pour le livre algérien.
Entretien réalisé par Cheklat Meriem
Alger16 : L’ANEP participe chaque année au Salon international du livre d’Alger. Quelle est la nature de cette relation avec le Sila ?
Hassan Gherab : L’ANEP a toujours été présente au Sila et en est même co-organisatrice. C’est une relation fusionnelle qui s’est construite au fil des années. Le salon représente un espace d’échange, de découverte et surtout de fidélité entre le livre algérien et son public.
Malgré la crise du livre, vous continuez à produire. Comment expliquez-vous cette persévérance ?
Oui, nous continuons à produire, même dans un contexte difficile. Pour nous, le livre est un produit stratégique, tout comme peuvent l’être d’autres secteurs essentiels. Une société qui ne lit pas, qui n’intègre pas le livre dans sa consommation culturelle est une société qui finit par régresser. C’est pourquoi nous maintenons notre engagement.
Quelle est aujourd’hui la priorité de l’ANEP en matière d’édition ?
Notre priorité, c’est la qualité. Je préfère publier deux ou trois ouvrages d’excellence plutôt qu’une vingtaine sans réelle valeur. Cette année, par exemple, nous avons publié un magnifique livre sur l’histoire et l’archéologie : beau à l’extérieur comme à l’intérieur. Pour moi, c’est ça l’essentiel.
Vous évoquez aussi la valorisation de vos anciens ouvrages…
Absolument. Nous avons valorisé près de 800 anciens titres. Ils sont proposés à des prix très accessibles, entre 400 et 500 DA. Il ne s’agit pas d’effacer ces livres pour faire de la place aux nouveautés, mais au contraire de préserver leur valeur.
Qu’en est-il de la politique tarifaire de l’ANEP au Sila ?
Dès le premier jour du salon, nous appliquons une remise de 30 % sur l’ensemble de nos ouvrages, à l’exception des deux nouveautés 2025. Souvent, les visiteurs pensent que les réductions se font uniquement à la fin du salon, mais non. Le livre n’est pas un climatiseur ni une voiture, c’est un produit à part. Celui qui vient le premier jour doit pouvoir bénéficier du même avantage que celui qui vient le dernier.
Quelle est votre mission principale lors de cette édition du Sila ?
Notre mission, c’est que chaque visiteur devienne un lecteur. Nous devons être un bon véhicule du livre et de la lecture. Ce chantier de la lecture doit se construire sur le long terme, pour créer une société qui lit, réfléchit et progresse. Je dirais que notre philosophie lors de ce genre d’événement est toujours la même : la sociabilisation du livre. Cela signifie offrir des livres de qualité, accessibles à tous, et promouvoir la lecture publique à travers des prix raisonnables et des ouvrages qui donnent envie de lire.
Ch. M.
