
Soixante-quatre ans après le recouvrement de son indépendance, l’Algérie a célébré, hier, une date fondatrice de son histoire nationale, en conjuguant devoir de mémoire et projection vers l’avenir. À l’occasion de cette journée hautement symbolique, le président de la République a présidé une série d’inaugurations de projets structurants illustrant les grandes priorités de l’État : souveraineté numérique, modernisation de l’administration, renforcement du système de santé et amélioration du cadre de vie des citoyens.
Plus qu’un simple calendrier de cérémonies officielles, cette journée a dessiné les contours d’une même ambition : inscrire les acquis de l’indépendance dans une nouvelle phase de développement fondée sur l’investissement, l’innovation et la consolidation des capacités nationales. Numérique, habitat, santé, infrastructures publiques… autant de secteurs appelés à devenir les nouveaux leviers de la souveraineté algérienne.
D’abord et avant toute inauguration, le président de la République s’est rendu au Sanctuaire du martyr où il s’est recueilli à la mémoire des chouhada de la Guerre de libération nationale. En déposant une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative puis en récitant la Fatiha, le chef de l’État a rappelé que la célébration du 5 Juillet demeure avant tout un moment de fidélité envers celles et ceux qui ont rendu possible le recouvrement de la souveraineté nationale. Cette séquence, organisée en présence des plus hautes autorités de l’État, de responsables militaires et de représentants de la famille révolutionnaire, a donné le ton d’une journée où la mémoire nationale s’est constamment articulée avec les défis du présent. Car au-delà de la portée symbolique de cette commémoration, les cérémonies officielles ont également été marquées par une succession d’inaugurations traduisant les orientations stratégiques engagées par les pouvoirs publics dans plusieurs secteurs structurants.
Un nouveau cap pour la souveraineté numérique
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a procédé, ensuite, dans la commune de Mohammadia (Alger), à l’inauguration du Centre national algérien des services numériques.
Au-delà de sa dimension technologique, cette infrastructure constitue une étape majeure dans la stratégie nationale de transformation numérique engagée ces dernières années. Pour la première fois, l’Algérie dispose d’un centre souverain de cette envergure destiné à héberger les données publiques sur le territoire national et à renforcer son autonomie numérique.
Conçu selon les standards internationaux les plus exigeants, le centre repose sur deux data centers implantés à Alger et Blida, fonctionnant de manière synchronisée afin de garantir une disponibilité permanente des services numériques. Cette architecture permet non seulement d’assurer la continuité des services administratifs, mais également de renforcer leur sécurité, leur résilience et l’interconnexion des différents systèmes d’information de l’État.
Dans un contexte où la maîtrise de la donnée est devenue un enjeu stratégique mondial, cette infrastructure traduit la volonté de l’Algérie de consolider sa souveraineté numérique tout en offrant aux administrations des outils plus performants et plus sécurisés. La cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence du ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le Général d’Armée Saïd Chanegriha, du ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, du commandant de la 1re Région militaire, le Général-major Ali Sidane, de la ministre, haut-commissaire à la Numérisation, Meriem Benmouloud, et du ministre, wali d’Alger, Mohamed Abdenour Rabehi.
Au-delà de l’aspect technique, ce projet accompagne aussi la modernisation du service public en facilitant les échanges entre administrations et en améliorant progressivement les prestations destinées aux citoyens.
Une administration qui se modernise
Quelques heures plus tard, le président de la République a inauguré le nouveau siège du ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville à Dely-Brahim.
Loin de constituer un simple changement de locaux, cette réalisation s’inscrit dans une politique plus large de modernisation des infrastructures administratives.
Conçu selon des normes contemporaines, ce nouveau siège doit offrir un environnement de travail plus performant aux personnels du ministère tout en améliorant la qualité de l’action administrative. Cette démarche accompagne les réformes engagées dans plusieurs secteurs afin d’adapter les institutions publiques aux exigences d’une gouvernance plus efficace, plus réactive et davantage tournée vers les besoins des citoyens.
Elle illustre également l’évolution progressive de l’administration algérienne vers des modes de gestion intégrant les nouvelles technologies et des espaces de travail mieux adaptés aux missions de service public.
Un investissement pour la santé de nos enfants
Autre temps fort de cette journée, le président de la République a inauguré, à Mahelma, l’établissement hospitalier spécialisé Omar-Boudjellab consacré à la cardiologie et à la chirurgie cardiaque pédiatrique. Érigé en centre national de référence, cet établissement représente l’un des investissements les plus importants réalisés ces dernières années dans le domaine de la santé spécialisée.
Avec une capacité de 80 lits, une superficie de 22.000 m² et un coût global dépassant les 7,5 milliards de dinars, équipements compris, l’hôpital dispose de plateaux techniques de dernière génération entièrement dédiés à la prise en charge des pathologies cardiaques chez l’enfant.
L’hôpital regroupe sept services spécialisés couvrant l’ensemble des besoins liés à la cardiologie et à la chirurgie cardiaque pédiatrique, notamment des unités de médecine et de chirurgie cardiaque, d’anesthésie-réanimation, de chirurgie vasculaire et de transplantation d’organes, ainsi qu’un service d’imagerie médicale et de radiologie doté d’équipements de pointe.
Au-delà de sa vocation hospitalière, l’établissement ambitionne également de devenir un centre de formation et de recherche. Il comprend un pôle pédagogique destiné à l’encadrement des étudiants, à la formation continue des professionnels de santé et au développement de la recherche scientifique. Celui-ci est équipé d’un amphithéâtre de 170 places, de deux salles de cours d’une capacité totale de 180 places, d’une salle de réunion et d’une bibliothèque, appelés à soutenir l’émergence de nouvelles compétences nationales dans le domaine de la cardiologie pédiatrique.
Cette réalisation traduit la volonté de renforcer l’autonomie sanitaire du pays et de limiter le recours aux évacuations médicales vers l’étranger grâce au développement d’une expertise nationale de haut niveau.
Le logement au cœur des priorités sociales
Le président de la République s’est ensuite dirigé à Rahmania, quelques kilomètres plus loin, dans la nouvelle ville de Sidi Abdellah, pour l’inauguration du pôle urbain baptisé du nom du défunt moudjahid Ahmed-Taleb-El Ibrahimi.
Ce nouveau quartier comprend 10.507 logements de type location-vente (AADL) destinés à accueillir plusieurs milliers de familles. Au-delà de l’importance du nombre de logements livrés, ce projet illustre la poursuite de la politique nationale de développement urbain engagée ces dernières années afin d’améliorer les conditions de vie des citoyens, d’accompagner la croissance démographique et de créer de nouveaux pôles urbains intégrés.
Pensé comme un espace moderne, ce pôle s’inscrit dans une vision plus large visant à développer des villes mieux équipées, mieux connectées et offrant un cadre de vie conforme aux exigences actuelles. Dans le même prolongement et depuis le pôle urbain de Rahmania, le Président a donné le coup d’envoi officiel de l’opération nationale de distribution des logements au titre de l’année 2026.
Cette vaste opération concerne 179. 168 unités et aides au logement réparties à travers l’ensemble des wilayas du pays, illustrant la poursuite de la politique nationale de l’habitat. Elle comprend 42. 520 logements publics locatifs (LPL), 11. 914 logements de type location-vente (AADL), 9.975 logements promotionnels aidés (LPA) et 7.353 logements promotionnels libres (LPL).
À ces programmes s’ajoutent 76.423 aides à l’habitat rural, ainsi que 30.983 décisions d’attribution d’aides destinées aux lotissements sociaux, portant le total des bénéficiaires à près de 180.000.
Par cette nouvelle opération de grande envergure, les pouvoirs publics entendent poursuivre leurs efforts en faveur de l’amélioration des conditions de vie des citoyens, de la réduction de la demande en logement et du développement équilibré des territoires, tout en confirmant le maintien du secteur de l’habitat parmi les principales priorités des politiques publiques.
Une logique de développement
Pris isolément, chacun de ces projets répond à une priorité sectorielle. Mis bout à bout, ils dessinent cependant une stratégie plus globale. Ces réalisations traduisent une même orientation : consolider les fondements d’un État plus performant, plus souverain et davantage tourné vers les attentes des citoyens.
À l’occasion du 64e anniversaire de l’indépendance, le message dépasse ainsi la seule portée commémorative. Les infrastructures inaugurées incarnent une autre dimension de la souveraineté, celle qui se construit désormais par la maîtrise des technologies, le renforcement des services publics, l’investissement dans le capital humain et l’amélioration durable des conditions de vie. Une manière de prolonger l’héritage de la Révolution en inscrivant l’action publique dans une perspective de modernisation et de développement au service des générations futures.
G. Salah Eddine