
L’Algérie a célébré, hier, le 64e anniversaire de l’indépendance et du recouvrement de la souveraineté nationale, une date fondatrice qui continue d’occuper une place centrale dans la mémoire collective de notre nation. Bien au-delà de la commémoration historique, cette célébration a constitué un moment de réflexion sur le chemin parcouru depuis 1962 et sur les défis qui accompagnent aujourd’hui la construction d’une Algérie tournée vers l’avenir, portée par des réformes institutionnelles, une transformation économique progressive et une volonté affirmée de préserver sa souveraineté politique et stratégique.
Comme chaque année, cette journée a rendu hommage aux millions de martyrs et à l’ensemble des femmes et des hommes qui ont sacrifié leur vie pour mettre fin à cent trente-deux années de colonisation. Mais cette commémoration s’est également inscrite dans une lecture plus contemporaine de l’histoire nationale, où la fidélité au message du 1er Novembre 1954 se conjugue désormais avec les enjeux du développement, de la modernisation de l’État et du renforcement de la place de l’Algérie sur la scène internationale.
Ainsi, le 5 Juillet est l’une des dates les plus symboliques de l’histoire contemporaine de l’Algérie. Chaque anniversaire rappelle que l’indépendance est plus qu’une victoire militaire ou politique. C’est le point de départ d’un long processus de construction de l’Etat national.
Dans cette perspective, les autorités mettent en avant la continuité entre les idéaux de la Révolution de libération et les politiques publiques engagées ces dernières années. La préservation de la souveraineté nationale, l’indépendance de la décision politique et la consolidation des institutions demeurent présentées comme les principaux héritages du combat mené par les générations de Novembre.
Cette année, cette célébration revêtait une dimension particulière puisqu’elle intervenait quelques jours seulement après les élections législatives du 2 juillet, organisées dans un nouveau cadre juridique et institutionnel.
Ce scrutin s’inscrit dans le vaste chantier de réformes engagé ces dernières années afin de renforcer les mécanismes démocratiques, moraliser la vie politique, promouvoir davantage de transparence et consolider la crédibilité des institutions représentatives.
À travers ces évolutions, les pouvoirs publics entendent inscrire durablement les institutions nationales dans une dynamique de modernisation tout en préservant les fondements de l’État issus de la Révolution.
Une refonte institutionnelle
La consolidation des institutions s’est accompagnée d’une profonde révision de l’arsenal juridique national.
Les nombreuses réformes adoptées ces dernières années visent à adapter le droit algérien aux nouvelles réalités économiques, technologiques et sociales, tout en renforçant la protection des droits et des libertés des citoyens. À plusieurs reprises, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a souligné que les intérêts du citoyen constituent désormais le socle de l’action publique.
Cette orientation s’est notamment traduite par l’accélération de la numérisation des administrations, la modernisation du système judiciaire et le développement de la justice numérique, devenue l’un des principaux axes de transformation de l’administration publique.
L’objectif affiché consiste à rendre les institutions plus efficaces, plus accessibles et davantage adaptées aux exigences d’une société en pleine mutation.
La dimension sociale au cœur du modèle algérien
Si la souveraineté politique demeure un pilier essentiel, les autorités rappellent régulièrement que la Révolution algérienne portait également un projet profondément social. Cet héritage continue d’inspirer les politiques publiques actuelles.
Dans ce sens, il est pertinent de relever que depuis 2022, plusieurs mesures ont été mises en œuvre afin de renforcer le pouvoir d’achat et d’élargir les dispositifs de protection sociale.
Parmi elles figurent les revalorisations successives des salaires, l’augmentation du Salaire national minimum garanti (SNMG), la hausse des pensions de retraite, l’allocation chômage, l’allocation destinée aux femmes au foyer, l’amélioration des aides accordées aux personnes aux besoins spécifiques, l’augmentation des bourses universitaires, ainsi que l’allongement du congé de maternité.
À ces mesures s’ajoute l’exonération fiscale accordée aux revenus les plus modestes.
Selon les autorités, cet ensemble de dispositifs place aujourd’hui l’Algérie parmi les pays accordant une place importante à la solidarité nationale et à la protection des catégories vulnérables.
Des investissements structurants
Au-delà du volet social, les politiques publiques mettent également l’accent sur la transformation de l’économie nationale. L’État poursuit le développement de grands projets structurants dans plusieurs secteurs stratégiques.
Les investissements engagés concernent notamment les infrastructures de transport, les ouvrages hydrauliques, les mines, les énergies renouvelables, l’agriculture, l’habitat et l’industrie.
Ces réalisations visent à renforcer les capacités productives du pays tout en réduisant progressivement sa dépendance aux hydrocarbures. L’économie algérienne s’oriente ainsi vers un modèle davantage fondé sur la diversification des ressources, l’investissement productif et la création de valeur. Les indicateurs macroéconomiques publiés ces derniers mois dans les rapports des instances internationales traduisent cette évolution avec le maintien des équilibres extérieurs, la poursuite de la croissance, le recul progressif de l’inflation, ainsi que l’accélération des réformes financières, fiscales et budgétaires. Cette orientation s’inscrit dans l’objectif fixé par le président de la République de permettre à l’Algérie d’accéder au rang de pays émergent. L’objectif est d’élever le PIB de 320 milliards de dollars actuellement à plus de 400 milliards de dollars en 2028.
Le développement économique passe également par la valorisation du capital humain.
Dans cette perspective, la création du Haut-Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger constitue l’une des initiatives majeures engagées afin de rapprocher les compétences algériennes établies hors du pays des grands projets nationaux.
Lors de son lancement, le président de la République avait appelé l’ensemble des scientifiques algériens installés à travers le monde à contribuer au développement du pays.
Cette démarche traduit une volonté de faire de l’expertise nationale, où qu’elle se trouve, un levier supplémentaire de modernisation économique, technologique et scientifique.
Une diplomatie aux principes inaliénables
Sur le plan international, l’Algérie poursuit une politique étrangère fidèle aux principes historiques de la Révolution tout en s’adaptant aux nouvelles réalités géopolitiques.
Dans un précédent message adressé à l’occasion du double anniversaire de la création de l’UGTA et de la nationalisation des hydrocarbures, le président Abdelmadjid Tebboune avait souligné que les politiques nationales actuelles reposent sur « les critères de l’efficacité et du réalisme et la justesse de la décision politique souveraine ».
Il avait également affirmé que « c’est là une orientation qui reflète la doctrine de l’Algérie nouvelle et victorieuse, une doctrine étroitement liée à la référence de Novembre et au legs de la glorieuse Révolution de libération, une doctrine pragmatique, à tous les égards, dans l’établissement de passerelles de coopération et de partenariat avec tous, dans tous les continents, sur la base des intérêts et des avantages mutuels ». Cette approche entend concilier l’attachement à la souveraineté nationale avec une ouverture économique et diplomatique fondée sur des partenariats équilibrés.
En tout cas, si l’héritage de la Révolution demeure le socle de l’identité nationale, les enjeux contemporains résident désormais dans la capacité à transformer cette souveraineté politique en souveraineté économique, technologique et institutionnelle. Les réformes engagées, la modernisation de l’État, les investissements structurants et la diversification de l’économie participent de cette ambition de long terme : faire de l’indépendance, non seulement un acquis historique, mais un projet renouvelé, capable de répondre aux attentes des générations présentes et futures tout en consolidant la place de l’Algérie comme acteur de stabilité, de coopération et de développement sur les scènes régionale et internationale.
G. Salah Eddine
