
Les deux ex-internationaux algériens Antar Yahia et Karim Matmour n’y vont pas par le dos de la cuillère pour dire ce qu’ils pensent du travail accompli par Vladimir Petkovic depuis qu’il est à la tête de l’équipe nationale. Invités à commenter l’élimination des Verts au soir de la cuisante défaite face à la sélection suisse, le héros d’Oum Dorman, en premier, a été cash dans ses propos à l’égard des joueurs, comme envers le coach. «Quand on a vu le onze de départ, on est sur des compositions similaires au match du Nigeria (match où a été éliminée l’Algérie en CAN, ndlr). Une fois qu’on a Maza avant-centre, c’est très compliqué d’exister dans le rapport de force», dira tout de go Antar Yahia sur le plateau du Club du Mondial d’AL24. «Au niveau défensif, on n’est pas assez solides. Le sélectionneur avait une certaine garantie quand il jouait à trois ou à cinq. Belghali, c’est un piston. Aït Nouri aussi. C’est deux pistons en force. Il était où le problème de mettre un système qui convient aux joueurs ? (…) Les joueurs ont besoin de repères. Ils ont besoin d’un cadre clair auquel ils doivent faire référence quand il y a un coup de moins bien, ce qu’on appelle le temps faible. Un joueur a besoin de savoir qu’il a un coéquipier à droite, un autre à gauche pour s’en référer en cas de besoin, le joueur a besoin de ce cadre qui devait être travaillé au préalable. Mais quand on présente à chaque match une composition différente, forcément, il n’y a plus de complémentarité. Ou bien tenter de reproduire des complémentarités qui n’ont pas fonctionné auparavant, et dans un match à élimination directe, bien sûr, ça t’amène à te poser des questions», ajoutera l’ancien défenseur des Verts. Et de relever avec interrogation cette fin de match, où le coach s’exerçait à féliciter les joueurs adverses, assimilée à «un sentiment de nostalgie chez notre staff à nous par rapport à des années antérieures». Rien à voir avec cette image «de l’entraîneur égyptien quand il s’est qualifié. On a bien vu ce que ça représentait pour lui et pour son pays», assène-t-il. Pour sa part, Karim Matmour, son coéquipier de génération, a été tout aussi direct et sans concessions dans ses propos. «On n’a pas l’impression d’avoir fait un match, joué un match, mais plutôt un match de préparation, de début de saison. On ne sentait pas ce seizième de final, l’importance de ce match, à part les premières minutes où l’équipe était bien rentrée, on avait bien poussé mais sinon, après, on nous a vraiment laissé sur notre faim», déballe-t-il derrière une grande frustration. «Mais, pour moi, c’était surtout une question d’organisation et c’est toujours le même sujet, à savoir coordonner les cours, j’ai senti des joueurs perdus sur le terrain (…) Et quand je vois Maza devant, il ne reste plus qu’à voir Benbout ailier», s’offusque Matmour. «Franchement, depuis deux ans et plus maintenant, on n’arrive pas à déchiffrer notre style de jeu, autant défensivement qu’offensivement. On n’a pas une identité propre et claire», peste encore Matmour. Leur constat est du reste celui de tous les anciens footballeurs algériens qui ont eu à s’exprimer jusque-là. Lemouchia sur le même plateau, Benlamri sur l’ENTV, Slimani sur BeIN Sport, pour ne citer que ceux-là, n’en pensent pas moins.
Djaffar C.
