
L’agriculture algérienne est appelée à franchir une nouvelle étape dans sa modernisation. Réunis mardi dernier à Alger à l’occasion d’une journée technique consacrée au machinisme agricole, experts, chercheurs et professionnels ont souligné que la généralisation de l’agriculture de précision constitue désormais un enjeu stratégique pour améliorer les rendements, rationaliser l’utilisation des ressources et renforcer durablement la sécurité alimentaire.
Organisée par l’École nationale supérieure d’agronomie (ENSA) sous le thème « Le machinisme agricole en Algérie : état des lieux, défis de modernisation et perspectives technologiques », cette rencontre a permis de dresser un état des lieux du secteur tout en mettant en avant les nouvelles technologies susceptibles de transformer les pratiques agricoles.
Au cœur des débats figurait l’agriculture de précision, une approche qui s’appuie sur les outils numériques pour optimiser chaque étape de la production agricole. Grâce aux drones, aux systèmes de géolocalisation (GPS), à la télédétection, aux capteurs intelligents et à l’intelligence artificielle, les agriculteurs peuvent désormais analyser avec une grande précision l’état de leurs parcelles et adapter les apports en eau, en engrais ou en produits phytosanitaires aux besoins réels des cultures.
Les intervenants ont expliqué que ces technologies permettent de réduire considérablement les pertes, de limiter le gaspillage des intrants et d’améliorer les rendements, tout en préservant les ressources naturelles. Une évolution qui répond aux exigences d’une agriculture plus performante, plus durable et mieux adaptée aux défis climatiques.
Le professeur Lyes Boudhar, chef du département de l’agriculture intelligente à l’ENSA, a plaidé pour une diffusion plus large de ces technologies à travers les exploitations agricoles. Selon lui, l’agriculture de précision constitue un puissant levier pour améliorer la gestion des ressources, accroître les performances des cultures et renforcer la sécurité alimentaire nationale.
Il a également relevé l’intérêt croissant des start-up spécialisées dans les technologies agricoles, qui développent des solutions innovantes destinées à accompagner les agriculteurs dans leur transition numérique. Cette dynamique favorise l’émergence de nouveaux métiers liés à l’analyse des données, au pilotage des équipements intelligents ou encore à la maintenance des systèmes numériques.
Pour sa part, l’expert Ramdane Mansouri a insisté sur le rôle central du machinisme agricole dans la transformation du secteur. Il a qualifié ce domaine d’« investissement stratégique » pour l’avenir de l’agriculture nationale, estimant qu’il doit s’appuyer sur une industrie locale performante capable de produire des équipements modernes répondant aux besoins des exploitants.
L’expert a également appelé à adopter une vision prospective permettant de renouveler progressivement les équipements agricoles, d’encourager la fabrication nationale et de renforcer la compétitivité de l’agriculture algérienne face aux nouveaux défis économiques et environnementaux.
Il a également annoncé l’acquisition en cours de 1.850 charrues, ainsi que d’autres équipements agricoles qui seront proposés aux exploitants sous forme de location. Cette formule vise à faciliter l’accès des agriculteurs aux matériels modernes tout en réduisant le poids des investissements individuels.
Au-delà des équipements, les participants ont estimé que la réussite de cette transformation passera par une stratégie globale associant innovation technologique, formation, recherche scientifique et accompagnement des agriculteurs. À leurs yeux, la modernisation du machinisme agricole ne constitue plus un simple choix technologique, mais un impératif pour renforcer la compétitivité des exploitations, améliorer les performances du secteur et consolider durablement la sécurité alimentaire du pays.
G. S. E.
