
Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a souligné lundi dernier à Alger que l’Algérie a réalisé des avancées significatives ces dernières années en matière de sécurisation de ses ressources en eau. Des progrès rendus possibles, selon lui, par la mise en œuvre du programme du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, axé sur l’intensification du dessalement de l’eau de mer et la valorisation des ressources hydriques conventionnelles.
S’exprimant à l’ouverture de la 21e édition du Salon international des équipements, technologies et services de l’eau et de l’environnement (SIEE-Pollutec), organisée au Palais des expositions des Pins-Maritimes, le ministre a mis en avant une stratégie nationale structurée autour de projets d’envergure.
Il a notamment évoqué la réalisation de trois nouvelles usines de dessalement dans l’ouest du pays, à Tlemcen, Chlef et Mostaganem, chacune dotée d’une capacité estimée à 300 000 m³. Ces infrastructures permettront également d’alimenter plusieurs wilayas de l’intérieur, dont El Bayadh, Tiaret, Saïda et Naâma, dans le but de renforcer l’équilibre hydrique national à court et moyen terme.
Le ministre a également rappelé que l’Algérie dispose désormais d’un réseau de 19 stations de dessalement, constituant un levier stratégique majeur. Selon lui, 16 wilayas du Nord bénéficient actuellement de l’eau dessalée, en plus de trois wilayas de l’intérieur — Blida, Bouira et Sidi-Bel-Abbès — intégrées dans une première phase du programme.
Dans le sud du pays, Lounès Bouzegza a indiqué qu’une amélioration notable de la disponibilité en eau a été enregistrée, notamment grâce à une meilleure exploitation des ressources souterraines, appuyée par des unités de déminéralisation à Tindouf et Tamanrasset, ainsi que par des réseaux de transfert destinés à alimenter les zones les plus déficitaires.
Concernant les précipitations enregistrées cette année, le ministre a souligné leur impact positif sur les réserves hydriques nationales. Le taux de remplissage des barrages a dépassé les 60 %, certains dépassant même leur capacité maximale. Cette dynamique a également permis la remise en service de plusieurs forages, améliorant sensiblement l’alimentation en eau potable à travers le pays.
En marge de la visite des stands, le ministre a salué les initiatives nationales et les innovations technologiques présentées dans le domaine de la gestion de l’eau, notamment les compteurs intelligents, les systèmes de télégestion, ainsi que les solutions de détection des fuites et d’optimisation de la consommation.
Il a également visité le stand de l’Agence nationale des ressources hydriques (ANRH), où son directeur général, Houcine Benmouffok, a présenté les principaux projets de l’agence, notamment les études de protection des villes contre les inondations basées sur des modèles de simulation avancés.
Une présentation a également été consacrée à la Société algérienne de dessalement de l’eau (EADE), filiale de Sonatrach, mettant en lumière ses réalisations et son rôle stratégique dans le renforcement de la sécurité hydrique nationale.
Enfin, la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (SEAAL) a présenté sa solution numérique basée sur l’intelligence artificielle, destinée à améliorer la gestion des réseaux, détecter les anomalies et réduire les pertes d’eau grâce à des systèmes d’alerte en temps réel.
Le salon, qui se poursuit jusqu’au 4 juin et rassemble 170 exposants issus de 16 pays, constitue un espace d’échange autour des innovations et technologies dédiées à la gestion durable de l’eau et à la protection de l’environnement.
Abir Menasria
