Portail national des services numériques : Une transition vers le «zéro papier»

Dans une déclaration médiatique relayée, vendredi dernier, par l’Algérie Presse Service (APS), la ministre, haut-commissaire à la Numérisation, Meriem Benmouloud, a estimé que le Portail national des services numériques (Dzair Digital Services), récemment lancé par le président de la République,
M. Abdelmadjid Tebboune, « n’est pas une simple plateforme électronique, mais l’aboutissement d’un écosystème numérique souverain et intégré ».

Le lancement officiel de Dzair Digital Services marque une nouvelle étape dans la stratégie de transformation numérique de l’Algérie. Présenté comme la future porte d’entrée unique des démarches administratives en ligne, ce portail ambitionne de simplifier les relations entre les citoyens et l’administration, tout en renforçant la sécurité des données et l’interconnexion des services publics.
Mme Meriem Benmouloud a expliqué que ce portail réunit « l’identité numérique, l’interopérabilité, la gouvernance des données, le cloud souverain et les centres de données nationaux, ce qui en fait l’un des principaux piliers de l’édification de l’administration et de la gouvernance numérique en Algérie, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle ère de services publics plus intégrés, plus sécurisés et plus performants».
Dans ce sens, l’introduction de l’identité numérique, développée en coordination avec le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports est une véritable révolution dans notre pays. Pour la première fois, cette identité permettra aux citoyens d’accéder à l’ensemble des services numériques via une authentification unique.
Cette « identité numérique » relie les données personnelles de l’utilisateur à ses données biométriques. Après inscription sur le portail et activation de son compte à travers un rendez-vous dédié, le citoyen pourra accéder à un éventail élargi de services administratifs sans devoir renouveler son authentification à chaque connexion.
Au-delà de la simplification des démarches, cette solution permet également aux administrations d’identifier avec précision l’auteur de chaque demande, renforçant ainsi la fiabilité et la sécurité des échanges.
Le portail propose actuellement 21 services numériques, mais son développement se veut progressif. Selon Meriem Benmouloud, ce chiffre passera à 62 services avant la fin de l’année 2027, puis atteindra 350 services numériques à l’horizon 2028.
Cette montée en puissance s’inscrit dans la stratégie nationale de généralisation de la numérisation des procédures administratives et de l’objectif « zéro papier ». L’interopérabilité entre les différentes administrations permettra un échange automatisé des données, limitant progressivement les pièces justificatives demandées aux citoyens.
Le dispositif prévoit également la création d’un portefeuille électronique, destiné à conserver les documents administratifs signés électroniquement directement dans l’espace personnel de l’utilisateur, afin qu’ils puissent être réutilisés lors de futures démarches.

Une plateforme hautement sécurisée
Pour accompagner cette transformation, les autorités ont mis en place un environnement technologique entièrement hébergé au sein du Centre national algérien des services numériques.
Selon la ministre, cette infrastructure fonctionne selon une architecture « actif-actif », garantissant la continuité du service même en cas d’incident technique.
Le Centre est, par ailleurs, certifié « Tier III », une référence internationale dans le domaine des centres de données. Cette certification « garantit un taux de disponibilité de 99,98 %, avec un fonctionnement continu 24H/24 et 7J/7, dans un espace technique offrant une protection à plusieurs niveaux, ainsi qu’un échange instantané et sécurisé des données, véritable moteur de l’ensemble des solutions numériques ».
Au-delà du développement technologique, les autorités affichent désormais un objectif plus concret : transformer durablement les habitudes administratives des citoyens.
Meriem Benmouloud estime que « le prochain défi consiste à l’intégrer dans la vie quotidienne des citoyens, à travers le renforcement de la culture numérique et l’élargissement de l’usage des services électroniques, afin de faciliter la gestion des démarches administratives ».
Dans cette perspective, les administrations devront progressivement partager automatiquement les informations déjà détenues par les services publics, réduisant ainsi le nombre de documents exigés dans les dossiers administratifs.
Comme l’a souligné la ministre, « les efforts seront orientés à l’avenir vers une réduction encore plus importante du nombre de documents requis dans la constitution des différents dossiers, grâce à la mise à disposition automatique des données par les administrations concernées, ce qui permettra d’alléger les charges administratives et d’assurer un service plus rapide et plus efficace ».
La responsable du secteur a également rappelé que cette évolution est le résultat d’un chantier engagé depuis plusieurs années. Selon elle, la transformation numérique du pays s’est appuyée sur « un processus organisationnel et technologique mûrement réfléchi, amorcé par la mise en place de Data Centers, du réseau souverain et de la gouvernance des données, avant de se concrétiser à travers le portail national des services numériques ».
Elle a enfin indiqué que le Haut-Commissariat à la numérisation, chargé de piloter cette transformation, a d’abord procédé à un état des lieux avant de définir les priorités et de mettre en place les fondements stratégiques et technologiques nécessaires à la gouvernance des données.
Rappelons que le lien unique d’accès à ce portail est « dzds.dz ». Les citoyens devraient faire attention aux sites suspicieux qui n’appartiennent pas à l’Etat. Avec ce portail unique, l’Algérie entend désormais accélérer la dématérialisation de ses services publics et poser les bases d’une administration plus connectée, où les démarches administratives seront progressivement centralisées, sécurisées et accessibles en ligne. Après des années consacrées à bâtir les infrastructures numériques, le défi consiste désormais à généraliser leur usage auprès des citoyens et des administrations. Parce que construire des serveurs est une chose, convaincre tout le monde d’abandonner définitivement la pile de photocopies et les chemises cartonnées en est une autre.

G. Salah Eddine

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